Chapter 25 of 39

16 - Retrouvailles Explosives (2/3)

NDA : Ce chapitre peut heurter la sensibilité des plus jeunes.

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Cinq épées brillèrent aux rayons de la Lune. Les combattants se ruèrent sur lui en criant. L'aventureux Nicolas donna un coup d'épée au premier assaillant puis contra avec le plat de son fourreau les autres. Un sourire enjôleur apparut quand il se redressa. Il assaillit d'un coup de pied direct un autre combattant et le poussa contre le mur.

La brute blessée au bras revint à la charge. Nicolas balaya l'attaque d'un revers de son arme, puis se baissa rapidement pendant qu'un autre homme l'assénait de la sienne. Un des compagnons du bandit masqué tomba la gorge coupée par l'un de ses camarades qui couina de désarroi.

La cape de Nicolas voletait lorsqu'il se protégea d'une attaque provenant de sa gauche. Joueur, Nicolas bascula à gauche puis à droite. Il prit un malin plaisir à esquiver les coups de l'homme sur son flanc.

« Raté ! Encore raté ! Tu manques d'entraînement, toi ! », fanfaronna Nicolas en réveillant la rage de son adversaire.

Lassé, Nicolas bloqua l'épée de son adversaire et la brisa férocement. Mais, une arme l'effleura et déchira son épaule.

Le vaillant prince grimaça puis se retourna donnant au passage un coup de coude, assommant son adversaire. Il ressentit une brûlure à la côte qui le mit à genoux. Un homme trapu chargea sur lui avec son épée levée.

Nicolas s'allongea sur le sol, repoussa avec son pied l'homme vers l'avant. Des hommes se ruèrent vers lui et Nicolas roula sur lui-même pour s'écarter. Malgré la douleur, ce dernier sauta pour se relever et prit son épée de la main droite.

« Dorian, ne crois-tu pas que ce jeu a assez duré ? »

D'un geste précis, Nicolas transperça en pleine poitrine un assaillant qui surgit devant lui. Le vent balayant son visage, Nicolas courut vers la palissade qui cogna violemment contre le mur de pierres, laissant apparaître un autre assaillant qui poussa un cri guerrier.

Surpris, le prince fut déstabilisé par la véhémence des coups du combattant qui paraissait bien jeune, mais efficacement redoutable. Les deux mains sur le pommeau de l'épée, Nicolas avec une mine revêche et pincée para avec difficulté les coups si bien que la pointe aiguisée de son rival frôla la joue de Nicolas, qui en fut fort incommodé. Au bout de quelques minutes de combat acharné où le vigoureux compagnon de Dorian Blaise ne montrait aucun signe de faiblesse ou de relâchement, le prince fut dos à dos au mur sans issue.

Dans un geste de désespoir, il positionna la lame en oblique, la pointe vers le sol afin de se protéger du flanc de son adversaire.

Les lames tournoyèrent. Un éclair de malice traversa le regard du Prince Nicolas. Et, avec un cri rauque, le rusé prince repoussa son hargneux adversaire avant d'immobiliser son bras armé. Nicolas donna un coup d'estoc puis enfonça son épée dans l'estomac de son rival qui s'effondra sur lui.

Sur ses appuis, il jaugea la situation. Encore trois autres hommes de Dorian Blaise s'étaient rajoutés à la partie.

Ces hommes-là avaient de la technique pour des compagnons d'un hors-la-loi, sans compter qu'il était handicapé.

Hors d'haleine, Nicolas recula vers le puits jusqu'à s'en trouver dos à dos pendant que les hommes l'encerclaient en riant à gorge déployée. Il jeta un furtif coup d'œil autour de lui à la recherche d'une échappatoire ou d'une issue de secours sous les grognements de ses adversaires.

Aucune ne se présentait.

Palissant à vue d'œil, l'athlétique prince laissa choir un genou au sol. Ce combat l'avait considérablement affaibli, bien plus qu'il ne l'avait pensé. Les combattants de l'homme masqué se multipliaient par dizaines. Combien étaient-ils maintenant ? Il plissa les yeux qui avaient une teinte bien glacée, et tenta de le dénombrer.

Un homme colossal hurla tel un barbare en fonçant lorsqu'il fut contré par une ombre. Il reçut un violent coup de bâton à la tempe, puis un second avant de tomber sonné à genoux. D'un crochet du droit, l'ombre le terrassa.

L'épée gisait au sol. L'ombre la récupéra en la soulevant par son manche sous les regards médusés des assaillants de Nicolas.

« Ce n'est pas trop tôt, s'exclama un brin essoufflé Nicolas.

― Besoin d'aide, Monsieur le prétentieux ? »

Le prince dont la chemise déchirée laissait entrevoir ses muscles saillants désenchanta à la voix féminine, la même que celle du marché. Furieux, contrarié et humilié dans son ego, Nicolas leva les yeux au ciel pendant que les sept hommes, abasourdis dans un premier temps, éclatèrent de rire où on percevait l'acerbe ton de la moquerie. D'un ton caustique, Nicolas répondit à celle qui l'horripilait tant :

« Comment ? Nul besoin de la tienne. Je me débrouillais... Et me débrouille toujours très bien tout seul.

― On voit le résultat. Tu as une mine affreuse pour quelqu'un qui se débrouille bien. Seulement, sept hommes suffissent à te terrasser. Je m'attendais à mieux de ta part, le présomptueux crétin !

― Que fais-tu là ? Le petit rouquin m'a balancé ? », grogna Nicolas qui se relevait à l'aide de son épée.

Malgré la désagréable brûlure, il arrangea ses vêtements avec un sourire goguenard. Aëla menaçante s'approcha de lui et l'agrippa par le col. Qui croyait-elle être pour le toucher ainsi ? Sous son apparence frêle et fragile, se cachaient une énergie et une poigne étonnantes. Travaillait-elle dans les champs ? Nicolas toisa la chevelure brune sauvage puis remarqua la veine qui cognait contre sa tempe.

« Regarde-moi ! Où est ma jument ? pestiféra-t-elle.

― J'aime la violence chez une femme, répliqua-t-il avec dédain en retirant l'une des mains de la brunâtre. Rien de plus charmant et d'irrésistible...

― Cesse de t'amuser ! Où est-elle ?

― J'ai l'impression de revivre notre première rencontre. Tu as pleuré parce que je te manquais ? remarqua-t-il en observant ses yeux bouffis et rouges. Alors, tu n'as pas pu résister à mon charme, et donc tu as trouvé n'importe quel prétexte pour me suivre. Que c'est mignon ! »

Nicolas, qui arborait un large sourire pour la narguer, joua avec son petit minois. Perdant patience, Aëla fulminait et le secoua avec poigne.

« Je répète puisque ton cerveau semble mal irrigué. Où est Flèche ? »

Les combattants du défenseur de Paris, armes à la main se gaussèrent.

« Et, les tourtereaux ! Dites-nous si on vous dérange.

― Nous ne sommes pas des tourtereaux, hurlèrent les deux simultanément.

― Elle me fait l'effet d'un puissant répulsif si vous voyez ce que je veux dire ! », commenta avec une pointe de vanité Nicolas.

Un flottement s'installa. Puis, les hommes hochèrent tous de la tête, l'admettant à l'unanimité pendant que l'impulsive jeune femme hallucinait.

« Je crois que cette femme t'a sauvé la vie, rétorqua-t-elle.

― Tu ferais mieux d'enseigner à ta femme comment se tenir ou je le ferais si tu vois ce que je veux dire l'ami ! », rit l'un des assaillants accompagnant la geste à la parole.

Nicolas grimaçait à ta femme alors qu'Aëla, devant tant de grossièretés, serra les poings et jeta un regard noir de fureur.

« N'as-tu point ton honneur ? dit un autre en croisant les bras et en désapprouvant de la tête. Vas-tu pleurer ? Doit-on appeler ta mè-

― Je n'ai nullement besoin d'elle, pesta Nicolas piqué en son ego. La mulâtresse, retourne chez toi !

― Cela fera une bonne anecdote à raconter à Monsieur Blaise, se moquèrent deux autres compagnons du hors-la-loi.

― Dommage, elle va mourir aussi ! Elle était à mon goût ! », rétorqua un autre en craquant son cou.

Surprise, Aëla observa les sept hommes bien trop proprets sur eux. Venait-il de dire Blaise, comme Dorian Blaise ? Qui était-il ? Se questionna-t-elle.

« Pourquoi parle-t-il de ce bandit ? murmura Aëla désarçonnée.

― Peut-être travaillent-ils pour eux, Sauvageonne ! Qui est la sombre idiote, maintenant.

― Ce hors-la-loi travaille seul, c'est con-...»

Elle n'eut pas le temps d'en dire plus. Le trapu qu'Aëla avait assommé se releva. Il avait l'air d'avoir repris ses esprits. Colérique, il fonça vers eux, suivis des autres.

Mal leur en pris, Aëla poussa Nicolas puis roula sur elle-même. Le trapu tomba dans le seau du puits. Avec le poids, il s'écrasa au fond de l'eau.

Confiante, Aëla désarma un autre de ses assaillants qui partit à la sauvette. À vrai dire, c'était exactement ce qu'il lui fallait pour se défouler et évacuer toute sa colère et sa rancœur. De loin, elle jaugea le duel qu'engageait le colosse qui grimaçait à chaque fois que les lames s'entrecroisaient.

« Sa main gauche n'est pas sa main de prédilection. Ceci est handicapant », constata-t-elle. Il fallait qu'elle trouve une ruse pour se débarrasser d'eux ou elle y trépasserait. À bout de souffle, l'épée du prince de sang vola dans le ciel et s'écrasa quelques mètres plus loin. Démuni , il se mit à reculer avec lenteur, menacé par la pointe échaudée de son adversaire. Suintant, il recula jusqu'à ce qu'il tombe sur le dos d'Aëla.

« À trois, baisse-toi ! suggéra Aëla avec génie.

― Non ! Je ne te fais aucunement confiance, objecta-t-il prétentieusement pendant que les ennemis s'approchèrent d'eux. Et, je ne recevrai aucun ordre de ta part.

― Je ne te fais pas confiance, non plus ! répliqua hargneusement l'impulsive jeune femme en éloignant un homme avec un coup de pied. Mais, là nous n'avons pas le choix. Nous devons coopérer.

― Coopérer ! Hors de question ! persifla-t-il en grinçant des dents.

― Faisons un pacte, ignorons-nous lorsque cette histoire sera finie. Enfin si... nous sortons vivant d'ici. Pour le moment, faisons équipe. Personne n'en saura rien.

Un silence lourd s'installa pendant qu'ils tournoyèrent sur eux-mêmes. Chacun esquiva, riposta comme il le pouvait.

Elle lui lança un regard. D'un air hautain, il semblait considérer la proposition. La féroce jeune femme ne pouvait pas laisser Dorian Blaise, c'est-à-dire, elle, être accusée d'un meurtre qu'elle n'avait pas commis. Et, visiblement ce vaniteux noble était sur la liste des personæ non-gratæ. Alors, qui pouvait bien lui en vouloir à ce point ? Et qui pouvait bien utiliser Dorian Blaise ?

« Très bien. Quelle est ta brillante idée, princesse des vipères ? demanda-t-il en parant les coups avec un bâton qui se consumait à fur et à mesure.

― Écoute, nous sommes moins...

― Nous ? Ne t'y habitue pas trop vite. Et, le vainqueur a remporté la victoire.

― La Palice ! Veux-tu m'impressionner par ta luxuriante culture ? C'est comme pour ta façon de comp-.

― Je sais compter, l'assassina-t-il du regard.

― J'avais quelques doutes. Oh, ce n'est pas passé loin, dit-elle en battant le fer. Avec un idiot vaniteux blessé sans épée, nous devons user d'ingéniosité.

― Viens au fait ! grogna Nicolas en esquivant un poing.

― J'y viens si tu n'arrêtais pas de jacasser et piailler toutes les secondes. »

Il lui jeta une œillade acerbe. Où voulait-elle en venir, bon sang ? La féroce mulâtresse pointa du doigt l'arbre.

« Si tu te baisses, je pourrai... -

―... Récupérer l'épée. Et, par un effet de surprise, nous frapperons le plus d'ennemis, marmonna-t-il avec une petite moue.

― Heureuse de constater que tu ne réfléchis pas uniquement avec ton troisième membre, Monsieur le prétentieux. Trois ! »

Nicolas qui était sur le point de lui répondre referma sa bouche aussitôt, se courba pour qu'Aëla roule sur son dos. L'adrénaline parcourut son corps et la fit frissonner. Elle grimpa ainsi sur le tronc de l'Orme solide. D'un coup de pied retourné, elle assomma deux des assaillants, surpris, pendant que Nicolas se lança sur l'épée.

« Deux de moins ! », lança-t-elle amusée à Nicolas.

Ce dernier était horripilé moins par l'attitude de la jeune femme que par le fait qu'il n'avait pas songé à l'ingénieuse idée, plus tôt. Lui, qui avait toujours un coup d'avance, ne supportait pas qu'une mulâtresse, une femme du plus bas fond de la populace, une illettrée s'avère plus futée et audacieuse que l'homme raffiné et fin qu'il était.

La fougueuse brune esquiva avec ingéniosité le troisième. Elle s'opposa en le plaquant contre le mur. Nicolas qui finit par se débarrasser du sien, souleva sa chemise puis examina sa plaie avec une grimace. Il perdait beaucoup de sang. Il tapota la blessure bien douloureuse, dont un flot de sang s'échappait. Il arracha une partie de sa manche qui tombait en lambeaux pour faire un garrot. Mais, un compagnon du truand bien tenace bondit sur lui. Avec un ennui visible, il para le coup de justesse et jeta un coup d'œil vers la brune à terre.

Avec la main, l'assaillant d'Aëla lui attrapa la botte. Surprise, elle tomba sur les fesses, recula de quelques mètres avec les mains au sol et rencontra le mur. Elle n'avait pas le choix. Elle voulut se saisir de l'épée à quelques centimètres d'elle. Elle y était presque, ses doigts effleuraient la manche. Son adversaire qui la toisait de haut se mit à rire jaune, puis écrasa le poignet d'Aëla, la forçant à lâcher l'épée.

« Ceci t'apprendra à te mêler aux affaires des hommes, sous-chienne* »

**** ***

Quelle va être l'issue de ce combat ?

À bientôt pour la dernière partie de ce chapitre.

Musique:  Unstoppable de Sia ©

Merci d'avoir lu ❤

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