Je ne m'étais pas trompée, au bout d'une semaine à suivre ce rythme j'étais épuisée et irritable. Je ne m'étais toujours pas réconciliée avec Amarok... Et encore plus depuis une ... Altercation que nous avions eu le dernier jour où les autres meutes étaient sur place.
J'étais prête à discuter, à pardonner s'il le fallait... Je m'avançai vers sa chambre et tout de suite une autre odeur me prit au nez. Mon odorat et mes sens en général s'étaient affûtés avec ma transformation mais je ne les contrôlais parfaitement que depuis la veille grâce à Alec, qui m'avait fait faire une partie de cache cache avec mes affaires dans le village, un vrai plaisir.
- Amarok? dis-je en toquant à la porte.
Il y eut du bruit à l'intérieur, un gloussement et des draps qui se froissent. Sentant venir les ennuis, j'ouvris violemment la porte pour découvrir la scène qui me dégoûterais à jamais de ce garçon : allongé dans son lit, Amarok avait sur les jambes une magnifique rousse aux yeux bleus, qui fit semblant d'être surprise en me voyant et gloussa. Je pouvais lire qu'elle était cependant fière d'elle et de sa scène.
Amarok, quant à lui, n'était pas le moins du monde gêné. Ce ne fût qu'au moment de lire qu'il m'en voulait que je remarquai qu'il était torse nu et qu'elle était en sous-vêtements. C'était la fille d'un bêta de la meute de Valentin.
Je partis sans dire un mot de plus et fonçai dans le laboratoire de Chris pour me calmer, fulminant en attendant jusqu'au soir que mon professeur arrive.
Celui-ci avait tenté de me raisonner en me disant qu'Amarok l'avait sûrement fait pour m'énerver, me provoquer et qu'il était ridicule de bouder pour si peu et de rentrer dans son jeu. Mais je savais qu'il jouait et on allait jouer. Je rentrerai complètement dans sa provocation et ne lui parlerai plus.
La fille était repartie avec sa meute, et j'avais fait comme si de rien n'était lorsqu'elle était venue me dire au revoir. Cependant j'avais pu l'entendre penser qu'elle était contente de son coup avec Amarok -j'ai peut-être serré sa main un peu fort... Juste un peu, promis je ne lui ai cassé que deux phalanges, je crois- et j'attendais maintenant le voyage en Europe, à cause duquel j'étais coincé dans la meute d'Amarok et je ne pouvais donc pas passer une journée sans le croiser.
Mes leçons avec Chris étaient exténuantes, surtout que nous étions deux à tâtonner. Sa magie à lui reposait sur les rûnes et les incantations, alors que la mienne semblait plus liée à la vie et sa manipulation. Un genre de magie brute dont les codes nous échappaient à tous les deux. Nous avions bien eu des résultats lorsque j'avais fini par perdre le contrôle en pensant à Amarok, mais je doutais que faire exploser un pot en faisant grandir la plante et ses racines d'un coup à chaque fois que la rage me prenait soit une bonne idée.
Notre dernière solution était de chercher dans les textes comment s'y prenaient les Mater Lupa avant la perte de leur pouvoir et comment s'en sortaient celles dont le pouvoir, en dehors de toute magie, consistait à contrôler les végétaux. Entre deux séances de recherche, Chris m'initiait à la magie en elle-même en m'apprenant de petits sorts faciles et basiques - allumer une flamme, lévitation d'objets, etc...- , mais, on ne va pas se mentir, je n'étais pas un prodige.
La nuit, ou du moins ce qu'il m'en restait, je dormais avec Samantha, qui avait accepté de transformer sa chambre en dortoir pour fille, ce qui était plus ou moins la même chose qu'un dortoir pour garçon, les vêtements sales au sol en moins... On n'est pas des bêtes, on les mettait sur une chaise.
Nous étions toutes les deux crevées, moi à cause de mes leçons continues et elle à cause des préparatifs pour notre départ en Europe. Apparemment, un bal allait être donné en mon honneur et elle se démenait pour nous trouver à tous des tenues parfaites pour cette grande soirée, où selon elle, tous les alphas se rendraient, ce dont je doutais.
Alec était plus drôle que d'habitude, sans doute pour essayer de me dérider, mais ça ne faisait que m'énerver un peu plus à chaque fois puisque ses tentatives se perdaient entre deux coups dans les côtes, ma garde baissée parce qu'il me déconcentrait et m'énervait.
Bref, cette ... Matinée là ? je revenais d'une nuit de cours à essayer encore et encore à faire s'inverser les couleurs d'un pull arc-en-ciel et... Oui bon, j'avais réussi à vaguement échanger le bleu et le vert, mais ce n'était pas une raison de se réjouir. Je m'effondrai sur mon lit, qui était un matelas gonflé à côté de celui de Sam. Celle-ci était toujours en train de dormir profondément sous ses couettes, ce que je trouvai frustrant... Puis normal en voyant qu'il était 4h du matin.
En soupirant, je fermai les yeux et me laissai tomber dans le sommeil.
- Debout marmotte!
Je grognai en protestant qu'il était trop tôt. J'avais l'impression de n'avoir dormi qu'une dizaine de minutes...
- Il est déjà 10h et on a des trucs à faire, m'encouragea Sam d'une voix enjouée.
- Quels trucs? Marmonnai-je en émergeant lentement. J'ai entraînement avec Alec dans... 3h, donc j'ai le temps de dormir.
Et c'est sûre de ma répartie que je replongeai la tête dans l'oreiller et m'enterrai sous ma couette... Qui me fût injustement et violemment arrachée par mon amie dans la seconde qui suivit.
- Nan, j'ai demandé une journée de perm pour toi! Ãa fait un moment que tu t'habilles avec mes vêtements, on se fait une virée shopping entre filles et on arrange ta garde-robe.
Je soupirai bruyamment, frustrée que ma nuit soit encore raccourcie pour un motif aussi futile que des vêtements. Vraiment, je ne pouvais pas juste mettre mes gros pulls comme avant? Bon, au moins elle m'autorisait encore à me cacher dans mes cheveux, même si ça ne servait plus à grand-chose puisqu'ils étaient en grande majorité argentés et donc plus pratiques du tout pour passer inaperçue.
Mes mèches noires me faisaient un peu pitié dans cet océan de lune, mais je ne pouvais rien faire pour accélérer le processus de retour à la normale.
Je me levai donc finalement en râlant et en parlant dans une barbe inexistante en maudissant Sam, qui elle semblait très heureuse de cette sortie. Je sais qu'elle aurait voulu inviter Mia, mais celle-ci ne nous répondait toujours pas, ni à l'une ni à l'autre... Personnellement, ça m'inquiétait, mais j'arrivais encore à lui faire croire qu'elle devait simplement nous bouder encore un peu et que ça lui passerait.
Mais je me demandais honnêtement ce qui avait pu lui arriver... Peut-être que nous pourrions la croiser pendant cette sortie en ville.
L'eau tiède qui coulait sur mon corps me réveilla plus doucement que Sam et lorsque je sortis de la salle de bain, je vis qu'elle m'avait préparé encore un set de ses vêtements, jeans et t-shirt manches courtes. Je soupirai et enfilai les habits à contre-coeur avant de me faire tirer à l'extérieur par Samantha et amenée... Vers une voiture dont Alec était au volant.
- J'étais pourtant sûre de t'avoir au moins échappée pour la journée, grommelai-je en montant à l'arrière.
- Je te rattraperai toujours ma belle!me taquina-t-il, pas le moins du monde désolé. En plus, aucune de vous n'a le permis et j'ai des trucs à faire en ville.
- Par truc à faire, tu veux dire aller voir ta copine?
Je soupçonnais depuis quelque temps mon professeur de combat de voir quelqu'un, probablement en ville.
- C'est ça, gloussa-t-il en me regardant dans le rétroviseur alors que Sam montait à côté de moi. Je vais régulièrement rendre visite à ma petite amie. Elle s'appelle Stacy et elle fait 60cm.
Sam gloussa, moi je me tapai le front de la main, consternée pendant qu'Alec explosait de rire, fier de sa blague.
Le temps d'arriver au centre commercial, il était 12h, surtout à cause des bouchons.
J'étais fatiguée, j'avais faim et Alec avait passé le trajet à faire rire Sam... Qui était... Bon d'accord : Alec avait l'air d'avoir très envie de plaire à Sam, qui elle ne voulait plaire à personne sauf elle-même.
J'hésitai un peu, mais renonçai à me mêler de leur histoire, soupirant simplement en observant les tentatives du brun d'éveiller l'intérêt de la blonde, qui tombaient toutes dans un gouffre sans fond de friendzone de son côté à elle.
Sous mes supplications la première chose que nous fîmes en arrivant en ville fût d'aller manger. Alec nous abandonna devant le fast food.
- Aaaaah, soupira de bonheur mon amie en prenant une bouchée de son hamburger. Ãa faisait tellement longtemps que je n'avais pas mangé ici! C'est vraiment mieux que le resto.
Maman me manque.
- Ouais ... J'imagine, répondis-je, un peu troublée par la pensée de Sam. Dit... Je sais que tu es la demi-sÅur de.... d'Amarok, mais du coup c'est de quel côté? Paternel ou maternel?
La joie sembla la quitter et inquiète qu'elle soit soudain triste, je ne pus cependant lire que de la nostalgie dans ses yeux. Il y avait aussi de la tristesse, bien évidemment, mais celle des souvenirs enfouis et des deuils depuis longtemps terminés.
- Aucun des deux, répondit-elle doucement, Rick m'a adoptée quand j'avais 7 ans. Je venais ici avec maman quand j'étais petite, ça m'a juste rappelé de bons souvenirs.
Je n'insistai pas plus et dérivai sur un autre sujet, afin de ne pas la laisser sombrer dans des souvenirs douloureux. Peut-être qu'elle m'en parlerait d'elle-même un jour, mais elle ne voulait pas le faire maintenant et aujourd'hui.
Aujourd'hui elle voulait... Absolument saboter ma garde-robe. Ãa allait encore être épique.
J'avais toujours détesté faire les boutiques et même si je m'étais essayée quelques fois à l'essai, je n'étais sortie que rarement avec Mia.
Alors qu'on passait à côté d'un café après avoir mangé, nous dirigeant vers la première boutique dont les mannequins de vitrine ne me rassuraient pas sur ce qu'on trouverait à l'intérieur, j'eus en simultané un éclair de lucidité et une crise cardiaque. Je venais de me souvenir d'un détail somme toute assez important: avant tout ce bazar, j'avais un job. Et à moins que quelqu'un ne s'en soit occupé, absolument personne n'avait prévenu mon patron de ma situation compliquée. Papa avait donné une excuse à l'école en disant que j'étais très malade -je doutais d'y retourner un jour à dire vrai-, mais avait-il fait de même avec Arthur? Est-ce qu'il avait trouvé quelqu'un pour me remplacer? Est-ce qu'il allait me tuer pour ne pas lui avoir donné de nouvelles pendant si longtemps?
- Violette? Qu'est-ce qui se passe? Tu vas bien?
Sam semblait inquiète. Rien d'étonnant, je bloquais devant la vitrine d'un café et ce depuis quelques minutes apparemment.
- Je suis en train de me demander si je suis de taille à revoir mon patron un jour. J'avais un job avant tout ... Tout ça, dis-je en me désignant d'un geste vague.
- Ne t'en fais pas pour ça, gloussa-t-elle, Amarok s'en est occupé quand tu es arrivée dans la meute.
- Et ça devrait me rassurer?
- Il a juste remis une lettre d'excuse en expliquant que tu ne serais pas disponible pour une longue période de temps.
- Mouais, on va dire que c'est mieux que rien, soupirai-je, imaginant déjà mon patron aux griffes de la brute. Il faudra qu'on passe par son café pour que je démissionne officiellement.
- Tu... Tu ne comptes pas y retourner? me demanda-t-elle, perplexe.
Je détournai le regard, éludai la question et changeai le sujet. Je ne pouvais tout simplement pas lui expliquer que j'avais la ferme intention de tout laisser derrière moi une fois cette histoire de voyage passée. Je ne voulais pas lui faire de peine, ni à elle ni à personne d'ailleurs, et je n'avais parlé de mon projet qu'à mamie qui m'avait plus ou moins soutenue, mais encore maintenant, je savais que j'avais besoin de temps, de beaucoup de temps, loin de tous ceux que je connaissais pour essayer de définir qui j'étais. Et bon sang qu'est-ce que ça allait être long, je le sentais.
Comme je le craignais, l'après-midi fût remplie d'essayages multiples et divers avec une Sam toute contente de pouvoir donner son avis sur toutes les tenues que je choisissais. Nous avions décidé de privilégier les tenues un peu plus chaudes, puisque nous arriverions en plein hiver en Europe, ce qui me permettait de rester dans le soft niveau "vêtements de confiance en soi" ce qui pour Samantha semblait signifier qu'il fallait qu'il y ait le moins de tissus possible, à moins qu'il soit moulant. J'avais l'impression d'être une poupée ridicule à changer de vêtements plus vite que mon ombre... Et j'avais surtout l'impression de porter des vêtements "de grande personne", pas du tout adaptés pour moi, même si Sam affirmait que j'étais splendide dans tout ce que je portais.
Nous ressortîmes de notre tour des boutiques avec une dizaine de sacs et une migraine pour ma part.
Sam se baladait avec le double des clés de la voiture, comme je pus le constater lorsqu'elle les sortit pour que nous puissions nous débarrasser de nos achats dans le véhicule. Il y avait une petite demi-heure de marche jusqu'à mon lieu de travail, nous en avons donc profité pour parler, commérer et nous résumer nos journées respectives, car même si nous partagions la même chambre, nos horaires décalés ne nous laissaient pas le luxe de nous croiser le soir ou le matin.
- Tu imagines, conclut-elle consternée en me résumant le départ des autres meutes, la moitié avaient perdus leurs affaires dans les bois, soit disant, affaires qui ont toutes été retrouvées dans la maison d'une seule femme! Je ne sais toujours pas s'ils les ont donnés volontairement comme elle le prétend, ou si elle les a volés comme ils semblent tous l'affirmer... J'ai cru que j'allais en tuer un ce jour-là , avec leur réclamation plus stupides les unes que les autres.
Je ricanai pendant qu'elle soupirait de désespoir.
- C'est bien joli les rassemblements de meute, poursuivit-elle, mais c'est moins drôle quand tout le monde doit rentrer chez soi... La logistique est titanesque, je te promets que j'ai cru devenir dingue.
- Je te crois, gloussai-je en entrant dans le café.
Lorsqu'il m'aperçut, je compris que j'allais probablement passer un mauvais quart d'heure avec mon boss.
- Vio! Qu'est-ce qui s'est passé? Je me suis fait un sang d'encre tu sais. Qu'est-ce qui t'as pris? Juste un appel d'un "ami" et pas de nouvelles depuis! Tu t'imagines à quel point je me suis inquiété? Et c'est quoi ces cheveux ?
- Désolée Arthur, m'excusai-je pitoyablement. Je... Ne peux pas trop en parler, histoire de famille compliquée et... Je viens pour démissionner.
- Quoi?! Ãcoute... Je sais que tu ne veux pas en parler, mais tu peux me donner une excuse valable s'il te plaît ?
- Je ... Vais quitter le pays pour un moment et je ne sais pas quand je reviendrai.
Il soupira et je lu en lui à quel point il était troublé et inquiet pour moi. Mais je ne pouvais rien lui expliquer et ça me frustrait autant que lui.
Il finit par accepter ma démission et m'emmena à l'étage pour signer des papiers administratifs.
La pièce en elle-même me rappelait des souvenirs... Désagréable, mais je ne fis aucun commentaire.
Lorsque je ressortis du "Café des Plaisirs" , je n'avais plus aucune obligation envers qui que ce soit, seulement des attaches sentimentales qu'il me faudrait briser d'un coup.
___________________
Je sais plus si j'ai posté la semaine passée, mais il me semble que oui. En tout cas, encore un chapitre bien joyeux, Vio est vraiment dans la joie constante! Vos avis sur cette journée du bonheur ?
Perso je suis en vacances, plus pour longtemps, et surtout crevée après avoir bosser deux jours d'affilée.
Bref, bisous tout le monde et à la semaine prochaine <3
Comments(0)
Join the discussion — sign in to leave a comment
Sign In to CommentNo comments yet. Be the first to share your thoughts!