Ma tête me faisait mal. Remarque, ce n'était pas une première. Mes paupières, lourdes, refusaient de s'ouvrir. Je sentais mes membres, vérifiant mentalement, par réflexe, que je les avais tous. Mon côté droit me semblait plus lourd et je sentais des aiguilles dans le gauche. J'étais encore reliée à une de ces maudites machines, pas vrai?
Je soupirai et forçai mes yeux à s'ouvrir. La lumière agressa mes pupilles et je grognai d'énervement. Quand enfin ma rétine ne menaça plus de brûler, je regardai autour de moi.
Je reconnus l'infirmerie de la meute des Smith et fût soulagée.
En tournant la tête vers mes pieds, je compris pourquoi je me sentais plus lourde et rougis un peu: Amarok était couché sur mes jambes, sa main sur la mienne. Je me redressai et, d'abord hésitante, je dégageai ma main de sous la sienne et passai mes doigts dans ses cheveux. Ils étaient doux et encore un peu humides, signe qu'il s'était lavé. J'inspirai et son odeur de sapin et de gel douche me prit au nez. Pas dans un mauvais sens, entendez-moi bien, mais je fus plutôt surprise sur le coup de percevoir aussi bien son parfum.
Du bout des doigts, je descendis le long de sa mâchoire en dessinant ses traits, caressai ses pommettes et remontai vers ses yeux noirs grands ouverts....
Oups.
- Pitié, dis moi que tu dors les yeux ouverts.
- Je crains que non, chuchota-t-il, un sourire en coin aux lèvres.
- Pourquoi tu chuchotes?
- Simple mesure de précaution. Ta louve s'est éveillée très récemment donc je ne sais pas si tu es habituée au son for-
- VIOLETTE !!
Je me recroquevillai sur moi-même en tentant de rentrer la tête entre mes genoux.
- J'ai compris, grognai-je à Amarok qui gloussait.
Lucas venait de rentrer en criant dans l'infirmerie et m'avait percé les tympans. Je ne savais pas pourquoi, mais j'avais la nette impression que c'était à cause de la louve que je pouvais sentir dormir dans un coin de mon âme. Maintenant que j'y faisais attention, tout me paraissait plus fort, plus vif et vivant. Et il avait fallu que Lucas vienne hurler pour que je m'en rende compte. Ãa commençait bien cette histoire...
Mon père rentra à la suite de mon demi-frère, lui mit un taquet à l'arrière de la tête et mit son doigt sur sa bouche pour lui ordonner de se taire, chose qu'il avait déjà dû faire avant et que le petit brun n'avait pas respecté.
Il s'approcha de moi en souriant et comme Amarok, me parla en chuchotant. Celui-ci s'était d'ailleurs redressé, mais n'avait pas quitté mon côté.
- Comment tu te sens ma puce?
- Ãa va, répondis-je d'une voix égale.
Il me sourit doucement, puis un horrible doute me prit...
- Combien de temps j'ai dormi?
Ãnorme blanc. Même Lucas ne voulait plus me regarder dans les yeux.
Quatre jours.
- Pardon ?! m'écriai-je en regardant Amarok.
Papa parut confus. Quoi, je n'avais quand même pas été la seule à l'entendre, pas vrai?
Mais apparemment si.
Ce fût ce moment de grand plat qu'Alexandre choisit pour entrer dans la pièce en demandant à tout le monde de sortir.
- Je vais vérifier ses constantes, pas la demander en mariage, dit-il après un moment de vide en riant.
Je compris qu'Amarok, qui le fixait avec un Åil mauvais, lui avait probablement parlé par le lien de la meute.
Les trois loups sortirent, un peu poussés, c'est vrai, par papa.
Une fois seule avec Alex, il prit mes constantes et me retira les perfusions en déclarant que je n'en avais plus besoin.
- Tu peux aller prendre une douche et te changer dans la salle de bain juste à côté, dit-il en me montrant une porte à droite de la rangée de lit.
Je hochai la tête et me levai... Avant de remarquer pour la première fois les vêtements que je portais.
- Oh mon dieu...
D'en haut, j'avais une vue plongeante sur mon décolleté qui était beaucoup trop profond à mon goût et sur mes jambes nues ou presque à l'avant et en me tournant, je pouvais voir l'arrière de la robe qui s'étendait en une traîne. à la taille, une chaîne en or servait de ceinture et à celle-ci pendaient des lunes en or, chacune placée selon les phases.
- Qu'est-ce...
- Oh crois moi, ricana Alexandre sans me regarder, c'est pas ce qui va t'étonner le plus.
Prise d'un énorme mauvais pressentiment, je courus presque jusqu'à la salle de bain pour me regarder dans le miroir.
Me faisait face le reflet d'une fille complètement paniquée - ça c'était logique- et aux cheveux argents avec UNE mèche noire qui pendait malheureusement dans ce désert couleur lune - ça c'était moins normal.
- Oh bordel... Alexandre!
-Oui? Me dit-il de l'autre bout de la pièce. M'étonnant à peine de l'entendre parfaitement bien, je compris que je pouvais faire de même. Je repris d'une voix neutre.
- Tu peux expliquer cette ... Couleur?
- Oh ça, il s'approcha de la salle de bain pour me regarder dans le miroir. Ãa, c'est le résultat de ta bénédiction par Diane. Ãa disparaîtra probablement avec le temps. D'ailleurs, c'est pour ça que tu t'es réveillée, dit-il en attrapant ma seule mèche redevenue noire, quelque part à l'arrière de ma tête. Ãa veut dire que les effets s'estompent.
Je soupirai et lui demandai de sortir de la pièce, ce qu'il fit sans hésiter un instant.
En hésitant et en me regardant sous toutes les coutures, déjà je vis que mon dos était complètement nu, ce qui voulait dire que les bretelles de la robe ne tenaient à rien et auraient pu tomber à tout moment, et ensuite je dus accorder à la déesse que la robe était magnifique, malgré sa simplicité. Comme je ne savais pas vraiment comment ça marchait, je lui adressai un remerciement silencieux, en attendant une occasion d'apprendre à le faire correctement.
Je me déshabillai, ce qui était facile avec cette robe, que j'avais juste à faire tomber au sol, puis entrai dans la douche.
Je parcourus du bout des doigts chaque parcelle de ma peau, inquiète que ceux qui m'avaient lavée m'aient fait je ne sais quoi pendant au moins une semaine.
Je savais que ma capacité de régénération aurait de toute façon effacé les traces, mais je ne pouvais pas ne pas vérifier.
En passant sur ma cuisse, je sentis une irrégularité. à l'avant et à l'arrière, même endroit... La balle en argent.
La peau était refermée, mais tout de même rouge, une cicatrice qui guérirait à un rythme normal. J'avais eu de la chance qu'on m'ait tiré dessus alors que je n'étais pas totalement transformée, car j'avais l'impression que ça aurait été bien pire sinon.
Je restai sous l'eau chaude aussi longtemps que possible avant de me sécher et d'enfiler les vêtements mis à ma disposition... Et regrettai un peu, car ils n'étaient sûrement pas à moi. J'étais plus habituée au gros pull et au jeans larges qu'à ce que je portais maintenant: débardeur et jeans moulant taille haute. Définitivement pas à moi.
Je sortis en rougissant de la salle de bain.
Alexandre me lança un regard en coin avant d'afficher un rictus.
- Ah. Tu as récupéré les vêtements de Sam.
- La question c'est pourquoi, boudai-je en observant l'ensemble.
- Parce que j'ai estimé que tu ne pouvais plus t'habiller comme avant, m'éclaira Sam en entrant dans l'infirmerie. Tu représentes un peuple maintenant, il va falloir prendre en confiance ma petite!
- Je vois pas ce que la confiance a à voir dans tout ça, grommelai-je.
- Ãa à a voir que c'est fini de te cacher dans des grands pulls. Diane à très bon goût en terme de tenue, dit-elle en avisant la robe que je tenais repliée contre moi, comme dernière protection. Et elle a bien compris un de tes plus gros défauts: tu n'as pas confiance en toi et tu t'estimes très peu. On va remédier à ça avant d'arriver en Europe.
- Europe? Pardon? J'ai manqué un épisode je crois...
- Amarok t'expliquera tout, dit-elle enthousiaste. Maintenant, lâche la robe et montre moi à quoi tu ressembles.
à contre cÅur, je déposai la robe sur le lit à côté de moi et laissai, un peu gênée, Samantha juger de ma tenue.
- On est pas mal là ... Maintenant, redresse toi. Détend tes épaules et décontracte tes jambes. On dirait que tu es prête à rentrer dans un trou.
- C'est le cas.
Elle me regarda d'un air blasé et me répéta ses instructions en effleurant mes épaules et mon menton pour m'encourager à les suivre. Ce que je finis par faire en soupirant.
C'est ce moment que choisit mon petit frère pour rentrer dans la pièce à nouveau.
- Violette ! T'es debout? Tu vas bien?
- Oui oui, je vais bien .
Il vint m'enlacer et je lui rendis son câlin avec affection.
Alex nous demanda à tous de sortir, me disant que j'avais besoin de marcher et que je devais le prévenir si jamais j'avais un malaise, pendant que Samantha me convainquait d'enfiler des bottines en cuir brun pour "compléter la tenue" -c'était d'ailleurs le seul élément que je portai volontairement.
Lucas me tirait à travers le village pour me montrer les tentes qui leurs servaient de campement, en plein milieu des bois. Je discutais avec Sam et les gens qui vivaient dans le campement. Crystal vint à ma rencontre, premièrement pour me prendre dans ses bras- ce qui me fit un bien fou - et deuxièmement pour tirer Lucas jusqu'à sa douche, ce qu'il apprécia moyennement.
- Et sinon, tout va bien avec Mia? demandai-je à Sam au détour d'une conversation.
- Je... Je n'en sais rien, m'avoua-t-elle. Avec tout ce qui s'est passé, je ne suis pas retournée à l'école et je dois l'avoir vexée parce qu'elle ne me répond plus.
- Ne t'en fais pas, dis-je en n'étant qu'à moitié sûre de ce que j'avançais, ça lui passera vite.
Elle hocha la tête et nous continuâmes notre route à travers le camp.
La journée se passa ainsi, les gens venaient me dire bonjour, je discutais, ils repartaient. à quelques moments, j'eus du mal à me retenir de parler, puisque j'avais compris depuis l'épisode de mon réveil que j'avais en fait lu les pensées d'Amarok et que je l'avais à nouveau fait pendant la journée. Il faudrait que je trouve mamie pour qu'elle m'explique... Bon, à peu près tout en fait.
Au soir, lorsqu'il fût temps de manger, je fus contente de constater qu'une grange avait été aménagée en réfectoire et que tout le monde mangeait dans une grande convivialité. Ãa me donnait un peu mal à la tête, je dois bien l'avouer, mais je pouvais entendre les rires fuser des quatres coins de la pièce et ça faisait vraiment chaud au cÅur.
Lorsque fût venu l'heure de retourner chez soi, je suivis ma famille, mais...
- Violette?
Je me retournai vers Amarok. Mon père m'embrassa la joue pour me dire bonne nuit, me laissant dans l'incompréhension au milieu des gens qui rentraient chez eux en riant.
- Je ne dors pas avec ma famille?
- Non... On a pensé que ce serait plus sûr que tu dormes à la grande maison ce soir.
Je me figeai. La grande maison... C'était là qu'ils m'avaient attaqué la première fois.
- C'est sûr que ça a vachement bien marché avant, dis-je en voulant paraître forte... Mais malgré tout, j'entendis ma voix trembler un peu.
- Je sais... Mais c'est plus sûr que de dormir au milieu des bois.
- Alors... Je ne veux pas dormir seule.
Il me regarda dans les yeux et je l'entendis aussi clairement que s'il l'avait dit à voix haute.
Dors avec moi dans ce cas.
Je n'osais pas lui répondre, alors je hochai la tête, lentement.
Il me prit par la main et me ramena vers la maison.
En rentrant, je croisai Chris qui venait de se lever et qui était content de me revoir lui aussi. Rick croisa aussi notre chemin, mais il paraissait encore plus effacé et fatigué que d'habitude.
Je montai à l'étage, presque incapable de mettre un pied devant l'autre.
- Tu peux aller dans ta chambre te changer, me dit Amarok lorsque l'on arriva devant ma porte.
Je l'ouvris lentement, en ayant presque peur de ce que j'allais trouver de l'autre côté. Mais elle n'avait plus rien à voir avec ce que j'avais laissé, le mur réparé et la pièce rangée.
Je me changeai rapidement, craignant stupidement qu'un loup débarque en brisant la fenêtre comme l'autre soir.
Je rejoignis Amarok dans sa chambre, qui s'était aussi changé: il était en jogging et torse... Nu. Ma survie était compromise.
Il se décala sur le lit pour me faire une place, éteignit la lumière et me dit bonne nuit... Mais je n'arrivais pas à dormir.
Je me tournais et me retournais dans tous les sens, rien à faire, mon esprit ne pouvait s'empêcher de me torturer.
Il soupira et se tourna vers moi.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je... Mickaël m'a embrassée. De force, précisai-je en le voyant écarquiller les yeux. Et... J'ai peur...
- Peur de quoi? Demanda-t-il doucement en se redressant sur un bras pour pouvoir me regarder.
Je cherchai mes mots et ne les trouvant pas, je me levai pour faire des tours dans la pièce.
- C'est juste... Tout le monde... Tout le monde s'attend à ce que je puisse donner naissance à la prochaine lignée d'Alpha, mais... Et si j'ai trop peur de jamais être avec quelqu'un ? Et si ce quelqu'un est comme Mickaël, mais que je ne m'en rend pas compte? Comment je fais .... Pour passer au-dessus de tout ça?
- Tu pourrais commencer par te calmer, dit-il en se redressant sur son lit, maintenant assis en tailleur.
Je soupirai et vint me rasseoir sur le bord du lit.
- C'est vraiment absurde, me grondai-je moi-même.
- Tu as peur d' être embrassée, c'est ça?
Je me figeai. Il avait parfaitement cerné le problème. Ãtais-je vraiment si prévisible ?
Je hochai lentement la tête, un peu honteuse.
- Et si... C'était toi qui prenais les devants?
- Tu veux dire... Que c'est moi qui embrasserait?
Il acquiesça en me fixant
- Et quel Alpha me laisserait prendre "les devants" exactement ?ricanai-je. C'est pas votre truc de diriger?
Je te laisse le contrôle total.
J'écarquillai les yeux.
- Tu veux dire....
- Embrasse moi.
Embrasse moi.
Sa double demande me prit à la gorge et mon ventre se tordit dans tous les sens. Il ne bougea pas et ferma les yeux.
Hésitante, je montai complètement sur le lit et m'approchai lentement, mes pensées et mes sentiments se battant entre eux.
J'effleurai d'abord ses lèvres, sentant son souffle chaud sur les miennes et dans mes oreilles battait mon cÅur et ce que j'espérais être le sien.
Puis j'appuyais finalement doucement nos bouts de chairs l'un contre l'autre et j'eus l'impression que mon cÅur explosait. Je réitérai mon action et pressai un peu plus mes lèvres contre les siennes en entourant son visage de mes mains. Il répondit à mon baiser, plus passionné que le premier et nous recommençâmes encore une fois, alors qu'il osait enfin poser les mains sur mes hanches.
Ce qui était timide au début commença à devenir plus intense, plus brut et bientôt mes mains se perdirent dans ses cheveux et les siennes sur mes hanches descendaient dangereusement vers le bord de mon haut.
Il mordilla ma lèvre inférieure et j'ouvris la bouche tandis que nos langues se mêlaient au ballet .
Mais alors qu'il passa ses mains sous mon t-shirt, je me figeai. Je n'étais tout bonnement pas prête.
En sentant que j'étais tendue, il sépara doucement nos bouches et me regarda dans les yeux, le souffle court.
Ãa ne va pas?
Je niai de la tête, incapable de parler. Il m'attira contre son torse et nous coucha tous les deux en remontant la couverture sur nous.
Je logeai ma tête dans son cou, libérée de tout doute et Morphée m'enleva très vite dans son monde des rêves, remplis de baisers et de parfum de sapin.
____________________
Moi? Poster tard? Je vois pas de quoi vous parlez... Je suis en vacances, je perds légèrement la notion du temps ^^' (oui je vous raconte ma vie, deal with it).
BON! Et bah on est sur un bon petit baiser! Avis? En tout cas on se retrouve la semaine prochaine.
Bisous tout le monde <3
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