Trigger warning! description de scène violente et d'abus.
J-???
Il faisait sombre. Sombre et humide.
Ma bouche était muselée, mes mains attachées dans mon dos et mes pieds liés eux aussi. Ma cuisse me faisait toujours aussi mal, mais on m'avait probablement enlevé la balle car ma peau s'était refermée. Je ne savais pas quel jour on était.
Je m'étais évanouie lorsque le chasseur m'avait tiré dessus et je ne savais pas combien de temps j'étais restée inconsciente.
J'entendis du bruit au-dessus de moi. Quelqu'un descendait des escaliers. Je me réfugiai en gémissant dans un coin de la pièce, uniquement éclairée par la lumière qui passait par un soupirail collé au plafond à 3m50 du sol. Mes faibles bruits étaient étouffés par la muselière et bientôt, mon dos rencontra des barreaux qui le brûlèrent. J'étais en cage. Une cage d'argent.
Celui que j'entendais descendre finit par entrer dans la pièce, referma la porte à clé derrière lui, attrapa une chaise dans un coin de la cave et vint s'installer face à moi, de l'autre côté des barres d'argent.
- Salut toi.
C'était un adulte. La quarantaine peut-être... Ses cheveux bruns grisonnaient au niveau des tempes et de petites rides griffaient sa peau...Juste à côté d'une vraie cicatrice, trois griffes qui traversaient son Åil droit, laiteux et probablement aveugle, de son sourcil jusqu'à sa mâchoire.
- Oui, ricana-t-il d'une voix grave et suave, je sais que je n'ai pas un physique très engageant. Mais je peux t'assurer que je ne suis pas si mauvais. à vrai dire, tu devrais me remercier.
Si je n'avais pas été aussi terrifiée et que mes mains avaient été libres, je lui aurais expliqué le principe de merci vu la situation.
- Ã, fit-il, amusé, tu t'énerves. Tes yeux changent de couleur.
Jusqu'ici, j'avais de l'incompréhension face à cette remarque. Aujourd'hui, sortie de la bouche de cet homme, ça me dégoûtait.
- Ne t'en fais pas, ricana-t-il, dès que toi et mon fils vous serez liés, tu seras libre.
Son fils? Au moins il n'avait pas l'espoir que je me lie avec lui... Ãa commençait à me peser cette histoire de lien là ... Je comprenais mieux pourquoi Chris avait doucement rit lorsque Rick m'avait assuré que les guerres entre meutes pour obtenir la Mater Lupa étaient dépassées. Maintenant moi aussi j'avais envie de rouler des yeux.
L'homme quitta la pièce en me laissant seule, abattue et enchaînée. Dire que je ne pouvais même pas parler...
- Ãa fait déjà trois jours, gronda Amarok, qui supportait mal de devoir attendre pour aller chercher Violette.
- Ils vont arriver, tenta de le calmer Rick. Une fois que nos amis seront là , tout ira mieux.
- Elle va bien, non?
Le ton inquiet d'Alec coupa court à la situation. Il posait la question à laquelle personne ne voulait répondre. Peut-être avait-elle eu affaire à autre chose que des brutes... Non? Mais l'odeur d'argent flottait encore dans l'esprit d'Amarok et il ne pouvait pas se résoudre à penser que quelqu'un payant un chasseur pour attraper un semblable n'était pas un barbare.
- Ils sont là ! s'écria Sam en rentrant dans la salle de réunion.
- Fais-les rentrer.
Les chefs de meutes rentrèrent un à un et s'installèrent dans les sièges de la salle de réunion. Il écarquilla les yeux lorsqu'il vit qui rentrait en dernier.
L'Alpha Jude ferma la porte derrière lui et s'assit en face d'Amarok, qui était aux côtés de son père. Samantha soupira, déclara qu'il y avait trop de mâles et qu'elle devait aider à installer les tentes pour les meutes amies. La vérité, c'est qu'elle ne tenait plus en place depuis que Violette avait été enlevée.
- Bien, dit Rick en se levant pour surplomber ses interlocuteurs et s'assurer que tout le monde l'entendait. Nous savons tous pourquoi nous sommes ici. La Mater Lupa, Violette, fille de l'Alpha Jude, a été enlevée par une meute renégate. Nous supposons même qu'elle n'a pas d'Alpha à sa tête et qu'il s'agit de l'entreprise d'une famille afin de récupérer son titre.
- Les Bluebird, termina sombrement Jude.
Rick hocha la tête pour confirmer.
- Excusez-moi, demanda un jeune Alpha, la vingtaine, qui ne devait pas être à la tête de sa meute depuis longtemps, mais qui sont les Bluebird?
- C'est vrai que tu es nouveau Demetri..., soupira le doyen du groupe, un Alpha qui approchait les 70 ans.
Il prit une grande inspiration et commença son récit.
-Comme tu le sais déjà , la Mater Lupa donne naissance à la nouvelle lignée régnante de notre race, ce qui évite les prises de pouvoir ou les règnes de lignées tyranniques. Les Bluebird ont pris goût au pouvoir malheureusement et lorsque la nouvelle Mater Lupa est arrivée, ils ne l'ont pas supporté. Ils se sont attaqués à elle alors qu'elle était liée, ce qui est un trahison envers la déesse. C'est Diane elle-même qui les a punis en leur enlevant leur statut d'Alpha. Depuis ils cherchent à s'approprier la lignée en s'attaquant aux louves. Jusqu'ici ils n'avaient pas eu de succès mais cette fois-ci...
- Ils ont pris ma fille, termina sombrement Jude.
Demetri souffla et se renfonça dans son siège.
- Bon, alors qu'est-ce qu'on attend pour aller la chercher?
- On a pas de localisation, pas d'infos sur le nombre de loups, pas d'infos sur leur force, bref on a rien, résuma Alec.
- Je crois savoir où ils sont, les informa un autre Alpha. Ce que je trouve étrange, c'est que la meute d'Hector n'ait rien signalé.
Il lança un regard en coin à l'Alpha en question, qui semblait mal à l'aise. Amarok se dit, à ce moment-là , que Violette aurait pu deviner ses sentiments, mais elle n'était pas là . Et si cet Alpha en était responsable, il allait lui faire payer. Personnellement.
Sentant son fils se tendre, Rick se racla la gorge pour attirer l'attention de tous.
Cela réussi et il se retrouva avec six paires d'yeux fixées sur lui.
- Nous allons mettre en place les recherches. Alpha Valentin, dit-il en se tournant vers celui qui avait des informations, continuez s'il vous plaît, sans poser d'accusation ou de sous-entendu.
L'Alpha hocha la tête et se leva pendant que Rick se rasseyait.
- Mes bêtas ont repéré des mouvements suspects autour de mon territoire il y a deux jours de cela. Nous avons suivi la piste, car il s'agissait d'une meute sauvage, mais nous avons dû nous arrêter au territoire d'Hector.
- La seule entrée qui a été enregistrée était la vôtre, s'irrita Hector. Nous n'avons rien perçu d'autre.
Amarok grogna, irrité que ces anciens ne prennent pas au sérieux la gravité de la situation. Et lorsqu'il releva les yeux, il vit à l'air sombre de Jude que le père de Violette avait le même avis que lui.
Alors qu'ils allaient tous deux s'énerver sur L'Alpha, Lucas et Crystal débarquèrent dans la salle de réunion, Sam à leur suite. Dans les bras du jeune garçon, un chat brun tigré de gris. Amarok reconnut le chat de Violette.
- Lucas... C'est...
- Oui, Sekhmet nous a retrouvé! Et je crois qu'elle sait où est Vio.
- Jeune homme, s'énerva le doyen, veuillez ne pas interrompre ce genre de réunion.
- Et vous, veuillez me laisser chercher ma soeur, répondit Lucas, de la façon la plus insolente qui soit.
Les deux loups se fusillèrent mutuellement des yeux. Jude prit des bras de son fils le chat et caressa l'animal qui ronronna sans bouger.
- Lucas... Qu'est-ce qui te fait croire qu'elle sait où est Violette?
- Je sais pas, dit le louveteau en fronçant les sourcils. Je le sens, c'est tout.
Après avoir léché la main de Jude, Sekhmet sauta de ses bras sur la table et se mit à marcher, passant devant chaque Alpha. Elle se frotta contre le bras d'Amarok en ronronnant, puis s'arrêta devant Hector en grondant. Puis elle lui cracha dessus et descendit de la table pour attendre devant la porte.
Amarok se tourna lentement vers son voisin de table, alors que Jude le fixait déjà .
- Eh bien, Alpha Hector, dit-il très lentement, on dirait que le chat a parlé pour vous.
Je voyais le jour et la nuit s'enchaîner, les différenciant uniquement grâce aux rayons du soleil ou de lune qui traversaient le soupirail. L'homme du premier soir était revenu plusieurs fois. Comme la première fois, il s'était assis sur sa chaise et m'avait parlé. Parfois, il le faisait alors que je hurlais de douleur, mes os me torturant autant que ma tête ces derniers temps.
Parfois, quand ça lui prenait, il m'enlevait ma muselière pour me laisser manger et boire... Mais ne détachait pas mes mains, me forçant à manger à quatre pattes comme un animal.
C'était humiliant, mais c'était ça où la mort. Et il parlait, parlait, parlait. Me racontait une à une les histoires de ces ancêtres bafoués, leurs mémoires souillées par les autres Alphas, des faibles qui n'avaient jamais prétendu faire le poids face à lui et sa famille. Il me parlait de son fils, maintenu en laisse par une autre famille, qui s'était finalement libéré rien que pour moi... Cette histoire aurait dû me dire quelque chose, je le savais... Mais la douleur, la faim et le manque de sommeil m'empêchaient de réfléchir correctement.
Quand je m'évanouissais, je me réveillais lavée et habillée et c'était sans doute ce qui me faisait le plus peur. Qui donc pouvait bien me changer? Non... Finalement je ne voulais pas savoir.
Alors je faisais tout pour rester éveillée, qu'on me laisse tranquille, que je n'ai plus à être touchée par des inconnus. Mais la douleur était de plus en plus forte et parfois je ne la supportais pas et je tombais dans les pommes. Et quand j'émergeais de l'inconscience, tout recommençait.
Ce soir ne serait pas différent des autres, à première vue. Mes os me faisaient souffrir le martyr, mon être entier me donnant l'impression de se tordre pour se libérer. La douleur me brouillait la vue, mais comme les autres soirs, il entra dans la pièce. Je me redressai difficilement pour manger ce qu'il pouvait m'apporter, me préparant à l'entendre me parler de je ne sais quelle histoire ennuyante et larmoyante.
Il s'approcha de la cage, ouvrit la porte et c'est là que je compris qu'il y avait un problème : ce n'était pas l'homme de d'habitude. Celui-ci était blond, il n'avait pas d'assiette en main, rien.
Il détacha ma muselière et j'eus un très mauvais pressentiment. Il glissa sa main sur ma joue et mes larmes commencèrent à couler pendant que je niais de la tête, faiblement... Non, il ne pouvait pas faire ça... Non...
Et soudain, je sentis ses lèvres sur les miennes. Ãa n'avait rien de doux, ni d'amoureux. C'était possessif, dur et désagréable. Je voulais le repousser, mes mains étaient attachées dans mon dos et mon corps n'avait plus la force de seulement se débattre. Il pressa un peu plus ses lèvres sur les miennes, dans l'espoir que je réponde à son baiser, mais je ne voulais pas. Je ne pouvais pas. Je sentais mon esprit se mettre en mode veille, décidant de quitter mon corps pour ne laisser qu'une carcasse qui ne serait jamais responsable de ce qui lui arrivait.
Et c'est là que le monde bascula.
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Est-ce que je dois mettre un trigger? Au cas où hein, je sais pas trop comment on fait dans ces cas là . Bref, encore un petit chapitre très sympathique je trouve! Est-ce que c'est fini? Mmmm on verra bien .
à la semaine prochaine ! Bisous<3
Edit: j'ai mis un trigger finalement, en espérant que ça suffira.
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