Chapter 14 of 30

13.

La gueule du loup: L'appel De La Lune2,579 words~13 min read

04/11/2022-J-16

Je dois l'admettre, la guérison rapide c'est probablement ce que les loups-garous ont de plus avantageux. Seulement 3 jours après mon altercation avec Mickaël, j'étais en mesure de gambader à travers le village comme bon me semblait et hormis les maux de tête que ma moitié de transformation me causaient, je n'avais plus qu'une fine cicatrice sur le front et aucune séquelle de ma chute.

Enfin, aucune... Oui bon, je ne voyage pas totalement non accompagnée. L'Alpha, puisqu'il était techniquement leur seul supérieur, m'avait collé deux bêtas, Alec et Apollon. Le premier était brun aux yeux gris et le deuxième portait bien son nom, blond aux yeux verts. Ils étaient tous les deux grands et musclés, et si Alec était bavard et blagueur, Apollon ne parlait presque pas.

Je n'avais pas encore eu l'occasion de revoir Amarok, car il était très occupé. Je ne savais pas quelle position il occupait, mais j'aurais penché pour bêta aussi.

- Alors, où est-ce que tu veux aller? me demanda joyeusement Alec.

Je réfléchis quelques secondes, puis me décidai à avancer vers la place du petit village. La meute s'était créée au milieu des bois, à l'extérieur de la ville, et s'était étendue de telle sorte qu'on aurait dit un vrai petit village. Des mamans tenaient la main de leur enfant en allant au marché sur la place, des hommes discutaient autour d'une bière à la taverne.

Le plus perturbant je crois, c'était que les maisons étaient basiquement des châlets, mais leurs vêtements étaient aussi modernes que possible. Des voitures étaient garées dans un parking à l'entrée du village et je pouvais dire qu'ils se les partageaient, puisqu'il n'y en avait pas assez pour tout le monde.

- Il y a quoi sur la place?

- Des maisons et certains jours le marché. Mais la plupart du temps, rien à part les enfants qui jouent et qui font du bruit.

- Alec!

Une jeune fille rousse sauta au cou du brun.

Apollon grogna et roula des yeux. J'étais ennuyée moi aussi. Qui était-elle? Sa copine? Pourquoi j'étais ennuyée? Je me retrouvai donc non plus ennuyée, mais perdue. Et j'avais une migraine. Génial. Je soupirai et me pris la tête entre les mains.

Apollon le vit et Alec aussi.

- Je te vois plus tard Mina, la jeune fille bouda et s'en alla. Hé, ça va?

Je secouai la tête, mais regrettai mon geste instantanément puisque j'eus l'impression qu'elle allait exploser.

- Ok ok... Accroupis-toi et mets la tête entre tes genoux.

Je m'exécutai et sous les conseils de mes gardiens, pris deux ou trois longues respirations. Au fur et à mesure que je pris de grande goulée d'air, mon mal de tête se calma et je pus enfin soupirer de soulagement.

- Ça va mieux?

- Oui, répondis-je d'une petite voix.

- Tout va bien madame?

Je relevai la tête, surprise. Un petit garçon me regardait de ses grands yeux bleus. Il tenait une petite fille par la main, peut-être sa soeur, et derrière eux, celle qui devait être leur maman attendait en retrait avec un visage inquiet.

- Je vais bien, ne t'en fais pas, dis-je en souriant.

Le petit garçon se mit alors à me caresser le haut du crâne. J'écarquillai les yeux.

- Maman elle fait ça quand j'ai mal à la tête.

- Je vois... Merci beaucoup. Ta maman vous attend je crois, vous devriez retourner près d'elle.

Il hocha la tête et repartit tout content vers sa mère. Alors que je me relevai, je vis un boulet de canon aux cheveux noirs débouler dans notre direction. Je ne savais pas pourquoi, mais les gens autour de nous parurent retenir leur souffle.

- Tu te sens bien? dit Amarok d'un ton inquiet.

Je soupirai, légèrement frustrée, je dois bien l'admettre, qu'on me pose cette question en boucle comme à une enfant.

- Je vais parfaitement bien.

Il ne m'écouta presque pas et se tourna vers mes deux gardes du corps.

- Je vous avais dit de prendre soin d'elle et de me prévenir si quelque chose arrivait.

Il était énervé. Sa voix était tendue comme s'il se retenait de leur hurler dessus en pleine rue... Mais les passants autour semblaient étonnés aussi qu'il ne crie pas.

- Amarok, dis-je en attrapant son bras pour être sûre d'avoir son attention. Cela n'a pas manqué, son regard meurtrier me transperça. Ils n'y sont pour rien, j'ai... J'ai eu mal à la tête, c'est tout.

- Et pour ce qui est de te prévenir, ça nous a un peu pris par surprise je t'avoue, se justifia Alec.

Amarok ouvrit la bouche pour faire une remarque, mais je l'interrompis avec qu'il n'ait pu sortir un son.

- Et tout est bien qui finit bien, je vais mieux, personne n'est en cause et personne ne mérite de se faire réprimander, d'accord?

Il sembla peser le pour et le contre, figé en face de ses deux amis qui attendaient le verdict. Il finit par soupirer et m'accorder que j'avais raison.

Cependant, il me ramena tout de même chez lui, ou plutôt dans la maison principale, qui était plus grande que les autres et faisait office de lieu de logement pour les invités, décidant que j'avais assez vagabondé pour la journée et qu'il fallait que je me repose. Préférant ne pas négocier avec lui alors qu'il était énervé, je fis signe à Alec et Apollon avant de suivre Amarok.

Lorsque nous arrivâmes dans le salon, le loup s'affala dans le canapé et m'invita à faire de même d'un signe de la tête.

- Bon... Puisque nous sommes tous les deux là... Je pense qu'il est temps qu'on discute un peu.

- Première question, commençai-je, où est ma famille exactement? Est-ce qu'ils sont en sécurité?

- La meute de ton père s'est réfugiée chez une meute amie, plus petite et plus éloignée de la ville. Ils sont hors de danger, ne t'en fais pas.

Je soupirai de soulagement et laissai aller ma tête contre le dossier du divan.

- Et la tienne? Comment ça se fait que j'ai foncé dedans?

- Probablement parce que ton père a choisi un quartier près de la frontière entre notre territoire. Il devait se douter de ce qui allait arriver.

Je hochai la tête.

- Et sinon -

Au moment où j'allais parler, la porte s'ouvrit sur... Samantha?

Je crois qu'elle était aussi choquée que moi, puisqu'elle lâcha instantanément son sac de cours.

-Sam, ça te tuerait de frapper?

- J'ai pas à frapper quand je rentre chez moi, si? Râla-t-elle en reportant son attention sur Amarok. Si tu veux que je toque, t'as qu'à aller dans ta chambre.

- Bonne idée.

Avant que j'ai pu protester, il m'attrapa par les genoux et me transporta en mode princesse jusqu'en haut. Par dessus son épaule, je pouvais voir en bas de l'escalier Samantha qui secouait la tête en souriant. Bon, elle se fichait de la tronche de quelqu'un, mais je ne savais pas de qui et j'étais pas sûre de vouloir.

Amarok ouvrit la porte de sa chambre d'un coup d'épaule et je remarquai qu'elle se trouvait juste à côté de celle qu'on m'avait prêtée. Il finit par me lâcher sur le lit avant d'aller fermer la porte.

- Enfin la paix, soupira-t-il.

- Euh... Est-ce que des explications seraient possibles? lui demandai-je timidement.

- Samantha... Est ma demi-sœur. Et elle est aussi très nulle pour garder un mec.

- Je croyais qu'elle était avec Mickaël tout ce temps, pensai-je en fronçant les sourcils.

- Pas vraiment, ricana Amarok. Disons plutôt qu'elle l'a tenu en laisse pendant un temps, mais depuis que tu as commencé à sentir si bo-

Il s'interrompit brusquement en rougissant.

- Que j'ai commencé à sentir quoi? Le taquinai-je. Vas-y, finis ta phrase.

Il m'envoya un regard noir et j'explosai de rire. D'accord, l'embêter, c'était très drôle. Il sembla abandonner l'idée de me maudire et s'assit en grommelant sur le lit à côté de moi.

- Bon... Tu as d'autres questions ?

- Oui! Mon père... M'a parlé de la différence entre un lien et un petit copain au niveau humain... Et je suis pas sûre d'avoir compris. Non en fait, je n'ai rien compris du tout.

- Alors... Le lien... C'est censé être beaucoup plus fort qu'une relation humaine. C'est lier son âme à l'autre. Tu peux ressentir ce qu'il ou elle ressent et tu peux lui parler. On t'a expliqué le principe de communication de la meute?

Je secouai la tête alors qu'il se laissait tomber sur son lit, sa tête près de mes genoux, mes jambes repliées sous moi. L'ambiance était tellement calme que je le soupçonnais de vouloir s'endormir.

- La meute est liée par un lien sacré. Lorsque tu rentres dedans, tu obtiens la capacité de communiquer avec les autres par la pensée, un peu comme un réseau de téléphone personnel. Mais le lien, c'est plus intime. Comme murmurer à l'oreille de la personne.

- Oh, dis-je en sentant la déception et la jalousie s'emparer de moi.Tu... Et tu le sais parce que...

- Parce qu'on me l'a raconté, ricana-t-il. Pourquoi ? Tu as oublié que je t'ai sentie?

Je rougis face à ma propre bêtise. Bien sûr que non il n'était pas lié, grosse imbécile, il venait te de dire qu'il avait pu sentir cet espèce de parfum chelou. Une lueur malicieuse s'alluma dans mon esprit. Ne venais-je pas d'établir dans cette même conversation qu'il était amusant de le taquiner?

- Tu ne m'as pas répondu tout à l'heure, lui dis-je un sourire en coin au lèvres.

- De quoi tu parles? Grogna-t-il, les yeux déjà fermés, prêt à s'endormir comme ça.

- De mon odeur.

Je me retins de rire lorsque ses sourcils se froncèrent. Il soupira, ouvrit les yeux et fixa les miens.

- Tu m'énerves.

Je ne pus retenir un gloussement et en grognant, il me tacla sur son lit, m'emprisonna dans ses bras et soupira contre mon cou.

- Maintenant tu te tais et tu dors, râla-t-il pendant que mon coeur s'emballait et que je gloussais intérieurement.

J'avais raison, le faire chier était jouissif.

4h plus tard

J'entendis un bruit de flash et ouvrit lentement les yeux. Samantha m'observait depuis la porte, son téléphone en main et un sourire bête aux lèvres.

- Bonjour les marmottes, désolée de vous réveiller mais on va manger là.

Vous? Ce ne fût que quand elle le fit remarquer que je me souvins des bras d'Amarok autour de ma taille. Oh merde. On s'était endormi comme ça, lui avec son visage dans mon cou et moi collée à lui. Oh mon dieu.

Je me sentis rougir jusqu'au bout des oreilles et Samantha gloussa en voyant ma réaction. Elle attrapa un coussin qui traînait dans le canapé à côté de la porte et le balança sur son frère. Elle visait apparemment très bien, puisque le coussin atterrit droit sur la tête du brun sans que j'aie à bouger pour m'écarter de sa trajectoire.

- Putain Sam! Cria la belle au bois dormant quand il comprit qui venait de le réveiller.

- Arrête de te plaindre Aurore et descendez, le dîner est prêt.

Il grommela des insultes, des menaces de mort et des plans pour le meurtre de sa sœur, ce qui me fit glousser. Il roula sur le côté en soupirant, me libérant de son étreinte.

- Je vous rejoins, grogna-t-il. Et arrêtez de rire, vous me faites chier.

Sachant qu'il avait les yeux fermés, Samantha fit de son mieux pour m'offrir une imitation visuelle d'Amarok en train de râler. Je me retins de rire en sortant de la chambre en l'entraînant à ma suite.

Arrivée en bas, dans la cuisine, nous avons laissé court à notre fou rire.

- Ok ok, se calma la blonde. À table maintenant, sinon ça va être froid.

Je hochais la tête et m'installais autour de l'îlot de cuisine.

Maintenant qu'Amarok n'était plus là et que l'euphorie était passée, j'étais un peu gênée de rester seule avec elle.

- J'ai parlé avec Mia aujourd'hui, commença Samantha en prenant de la salade. Tu lui manques beaucoup et elle s'inquiète, mais elle va bien. Je crois que Mickaël ne s'en prendra pas à elle.

Je soupirai de soulagement. Peut-être que si Mia s'entendait avec elle, moi aussi j'y arriverai.

- Tu ... Tu restes souvent avec Mia?

- Ces derniers temps les garçons... Ne sont pas franchement de bonne compagnie, grimaça-t-elle. Amarok passe plus de temps ici qu'à l'école, mais m'oblige à y aller et Mickaël se construit une espèce de petite armée d'abrutis qui se pavanent dans le lycée comme s'ils étaient des rois. Et les peu de fois où les deux se rencontrent, ça fait des étincelles ! Je crois que la seule raison pour laquelle ils ne se sont pas encore foutus sur la gueule au milieu du couloir c'est qu'ils auraient du mal à expliquer la guérison rapide.

Je ris en imaginant leur tête et la confusion si cette situation arrivait.

- Je suis pas con, Sam, râla Amarok en rentrant dans la cuisine. J'irai jamais me battre avec cet abruti, du moins pas devant témoins humains, ricana le loup en s'asseyant à côté de moi pour manger.

- Tu sais quand papa rentre?

- Non, mais il ne devrait plus tarder.

Nous étions en train de manger en silence quand mon esprit embrumé se remit en place. Il y avait un flash quand on s'était réveillé, non? Du moins moi, le sommeil d'Amarok demandant une attaque pour être interrompu.

- Samantha-

- Appelle-moi Sam, me dit-elle en souriant.

- D'accord Sam, du coup, on peut savoir pourquoi tu avais ton téléphone en main tout à l'heure?

Amarok s'arrêta de manger. Apparemment, ce détail lui avait échappé.

- Mmmmh ... Parce que j'ai pris des photos du meilleur couple de l'année?

Je rougis jusqu'à la racine des cheveux alors qu'Amarok avalait sa salade de travers.

- T'as fait quoi?!

- Sam, articulai-je difficilement tellement j'étais gênée, est-ce que tu peux effacer cette photo s'il te plait ?

Elle descendit lentement de sa chaise, en me narguant avec l'appareil en main.

- Viens le chercher d'abord.

- Mais-

Le temps que je réagisse, elle était partie en courant de la pièce. Je me précipitai à sa poursuite et tout tourna vite à la course poursuite ridicule à base d'escalade de divan et d'évitements in extremis de meubles.

- Arrêtez, râla Amarok quand on repassa par la cuisine, vous allez finir par faire une connerie.

Nous avons couru encore quelques minutes, puis je vis Sam piler net dans l'entrée. J'eus à peine le temps de ralentir et de m'arrêter avant de lui foncer dedans, mais je compris pourquoi elle s'était soudainement calmée. Dans l'entrée se tenait un homme grand, des cheveux bruns foncés grisonnant au tempes et de profond yeux noir. Il ressemblait à une version adulte d'Amarok, en plus fatigué et triste. À ses côtés, un autre homme aux cheveux blonds platine, presque blanc, et surtout aux yeux rouges me toisait de haut en bas.

- Bonsoir, Mater Lupa, me salua le brun, un sourire en coin aux lèvres. Je me présente, Alpha Rick Smith, enchanté.

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Oui je poste un peu tard mais .... Désolée j'étais prise dans les révisions ^^' (demain c'est math , tuez moi)

Bref! Encore un sympathique petit chapitre! Avis sur... Bah Sam et l'Alpha, tant qu'on y est?

À la semaine prochaine, bisous tout le monde <3

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