31/10/2022-J-20
Je n'en pouvais tout simplement plus. Depuis que nous avions eu notre discussion avec mon père, il ne se passait pas un jour sans que je suive son entraînement spécial. Alors certes, au début c'était facile: j'avais toujours eu des facilités de souplesse et d'agilité après tout, passer au-dessus de deux trois barrières n'avait rien d'un défi... Mais au bout d'un ou deux jours, on s'était mis -à mon plus grand désespoir- au combat au corps à corps.
Et encore! Je pouvais dire sans trop m'avancer que papa retenait ses coups lorsqu'il m'affrontait... La plupart du temps, il me faisait combattre contre Lucas, ce qui pour moi était le comble de l'humiliation, et pour mon demi-frère, une parfaite occasion de s'amuser avec moi.
Je ne tenais pas la distance et même si j'arrivais à placer quelques coups, je finissais généralement la tête dans l'herbe et les quatre fers en l'air. La seule chose qui changeait en fait, c'était mon niveau de dépit. Au milieu de tout ça, je consacrais une bonne heure par jour à essayer de faire exploser des vases par la pensée ou à faire s'enflammer les fleurs dans le vase... Mais bon, j'avais juste réussi à attraper une migraine .
- Ok, j'abandonne, finis-je par dire ce jour-là , au terme d'une session de combat avec Lucas.
-Qu'est-ce que tu abandonnes exactement? demanda mon père avec un air d'innocence à rendre jaloux un ange.
- L'idée que je battrai ce diablotin aujourd'hui.
Lucas se mit à gémir comme un chiot. C'était une découverte... Plutôt positive? Que j'avais faites au cours de la semaine passée ici: Lucas se conduisait comme un louveteau humain la plupart du temps et ne "jouait à l'humain" que lorsque la situation l'exigeait, à l'école ou lorsque je venais avant, par exemple. Mais maintenant que je connaissais le secret familial, mon demi-frère se laissait complètement aller en ma présence, et je ne l'en trouvais que plus mignon.
- Oh ça va, lui fis-je en riant, on reprendra demain, d'accord?
Aussitôt, son sourire revint à ses lèvres et il me sauta dessus pour m'enlacer.
- Oui!!Demain aussi, je te mets ta raclée.
- Comme c'est aimable, grommelai-je en me relevant difficilement sous l'assaut d'amour du pré-ado.
Après avoir remercié mon père et mon frère pour cette après-midi, je rentrai en soupirant et en partant directement pour la salle de bain. Crystal rentrait plus tard, puisque papa l'avait avertie que je deviendrai -en principe- de plus en plus ingérable et qu'elle passait donc ses soirées à la recherche de livres sur l'éducation des animaux sauvages dans toutes les librairies possibles et imaginables de la ville. Papa lui avait déjà expliqué plusieurs fois que c'était inutile, parce qu'il était extrêmement bien placé pour savoir comment élever un louveteau, mais elle s'entêtait à cause du fait que je n'étais pas "juste un louveteau", mais une Mater Lupa...J'avais encore du mal à y croire pour être honnête.
Sans l'épisode du coup de griffes avec Amarok, j'aurais probablement tout nié en bloc pendant un bon moment.
Au moment où j'entrai dans ma chambre, mon téléphone se mit à sonner. C'était Mia.
- Salut ma grande!
- Hey, répondis-je, souriant déjà rien qu'à l'entente de la voix de ma meilleure amie.
- Ãa va un peu mieux?
Je me mordis la lèvre en mentant à Mia. Je lui avais raconté que ma soudaine absence était liée à une maladie ultra contagieuse et que j'étais en quarantaine au moins jusqu'à mon anniversaire. Ãa m'avait d'ailleurs fourni la parfaite excuse pour être partie en milieu de journée en ayant été d'humeur massacrante toute la matinée.
- Oui, oui, un peu *fausse toux*, j'ai l'air d'être toujours vivante pour l'instant donc je m'en sors bien ,non?
- Haha ,très drôle... Non, plus sérieusement, tu penses pouvoir venir au bal de Noël ?
- Excuse moi... Le quoi?
- Ah oui, tu n'as pas les infos puisqu'ils les ont données hier: pendant les vacances d'hiver, ils veulent organiser un bal sur le thème de l'hiver. ET si tu viens, je viens, et il faudra absolument qu'on se trouve des robes ensemble pour matcher et ...
- Mia, l'interrompis-je en soupirant, je sais pas si je serais complètement rétablie et je ne voudrais pas te priver d'un tel évènement... Au pire on ira ensemble au bal de fin d'année, d'accord?
- D'accord... Mais promet moi qu'on ira!
- Promis promis, ris-je un peu. Et sinon, comment ça se passe à l'école?
-Oh, oui, je t'ai envoyé les cours d'aujourd'hui par mail -t'as vu l'amie en or que tu as- et si tu parles des garçons, ils sont de plus en plus ingérables!
- Qu'est-ce que tu veux dire?
-C'est limite la guerre depuis que t'es partie. Mickaël est devenu plus proche des autres abrutis du groupe de Jonah, il ne parle plus que pour s'engueuler avec Amarok et ... Ah oui, au fait, Samantha est vachement plus sympa que ce à quoi on pourrait s'attendre!
- Je te demande pardon?
- Depuis que c'est la guerre de testostérones tous les jours dans les couloirs grâce à toi...
- C'est pas pour moi, dis-je alors qu'entre-temps j'avais appris que c'était effectivement totalement de ma faute.
- ... Et comme ça nous tape sur les nerfs à toutes les deux et qu'on se retrouve abandonnées par nos amis, on s'est un peu rapprochées. Et elle est plutôt sympa . Alors certes c'est pas ma meilleure pote, tu tiendras ce rôle jusqu'à ta mort, mais au moins je ne passe pas mes journées toute seule à me morfondre en attendant que tu reviennes et que tu calmes le jeu.
- Combien de fois faudra te le dire, ils ne se disputent pas pour moi... Comment pourraient-ils?
-Oh j'ai bien une dizaine de raisons en tête, mais tu ne serais d'accord avec aucune d'entre elles.
- Maintenant c'est moi qui me marre. On sait toutes les deux que j'ai peu de chances d'intéresser un gars. Alors DEUX beaux gosses, ça tient du roman fantastique.
- Et si tu arrêtais de te dévaloriser un peu, hein? Je suis sûre que ton cerveau est un peu en bouillie à cause de ton rhume chelou là , c'est pour ça que tu penses autant de bêtises.
- Oui oui bien sûr, bon meuf, c'est pas que je t'aime pas, mais je vais manger et me coucher tôt... Maladie oblige.
- Oooooooh... Bon bah, bonne nuit et repose-toi bien surtout. à demain...Ou après-demain, je sais pas trop si je saurai t'appeler.
- T'inquiète c'est pas grave. Bonne nuit et à plus!
- Ã plus!
Et je raccrochai.
En soupirant, je redescendis pour aller mettre la table. Dans le jardin, alors que le soleil se couchait, papa et Lucas se bagarraient en jouant au grand méchant loup.
Lorsque la porte d'entrée s'ouvrit, nous nous arrêtâmes tous les trois. Je dois avouer que c'était bien pratique: depuis quelques jours, j'entendais mieux et plus loin.
Crystal passa le pas de la porte, un sac de courses dans les bras.
- Bonjour tout le monde! Bonjour Violette, me fit-elle en m'embrassant le front au passage. Alors, plutôt d'humeur à massacrer ou tout va bien ce soir ?
- Tout va bien, merci de demander.
C'était devenu la question du soir, à cause d'un incident le lendemain du début de mon entraînement, où dans un accès de colère animale, j'avais menacé ma belle-mère de lui arracher la colonne vertébrale... Parce qu'elle avait osé élever la voix contre Lucas, qui avait fait une bêtise de la journée. Je dois avouer que je ne comprenais pas bien comment fonctionnaient ces crises... Et mon entourage non plus. Une fois je me sentais agressée, l'autre j'étais agacée, une autre encore on s'en prenait à un proche... Papa pensait que ce devait être un genre d'instinct maternel, Crystal que c'était un mécanisme de défense et Lucas, que je devenais complètement cinglée.
Bref, comme personne n'était d'accord, tout le monde était méfiant et si on enlevait les matins où je me levais avec l'envie de casser quelque chose sans raison, on s'en sortait plutôt bien en gestion de ma colère.
Alors que nous mangions dans le calme, Sekhmet se mit à miauler.
- Qu'est-ce qu'il y a ma belle? Tu as faim?
Elle continua à miauler en grattant la porte. Je fronçai les sourcils, soucieuse. Je connaissais plus ou moins son miaulement qui voulait dire "laisse moi sortir"... Mais là c'était différent.
- Laisse la ma puce, me tranquillisa Crystal, elle veut peut-être sortir, mais elle ne peut pas encore.
- Oui ... D'accord.
En soupirant, je montai me coucher en n'oubliant pas de nourrir Sekhmet, qui n'avait pas abandonné et continuait de miauler devant chaque porte et fenêtre qu'elle croisait.
En me voyant remonter ma couette, elle finit par laisser tomber et vint se coucher près de moi, en me laissant tout de même la nette impression que je faisais une erreur en ne l'écoutant pas ... Mais c'était ridicule, pas vrai?
_________________
Bonjour tout le monde! Alors ce chapitre? Je n'ai personnellement plus de temps, puisque je poste depuis... Pas chez moi, parce que j'ai ENCORE une activité extrascolaire, le mois de mai est horrible tuez moi... Bref! Avis sur ce petit chapitre? à la semaine prochaine si je suis pas clamsée de fatigue entre temps.
Bisous<3
Comments(0)
Join the discussion — sign in to leave a comment
Sign In to CommentNo comments yet. Be the first to share your thoughts!