Chapter 7 of 30

6.

La gueule du loup: L'appel De La Lune1,809 words~10 min read

20/10/2022-J-31

J'avais passé une journée pourrie. Premièrement, Mia était absente, pour raison familiale -sur papier, en vrai ses parents l'avaient couverte pour qu'ils puissent sortir tous ensemble-, Mickaël était plus déterminé que jamais à me draguer, Amarok nous regardait de loin, mais de moins en moins loin et de plus en plus mal et Samantha ne daignait même pas regarder son ex, ou faisait des allusions bizarres, à croire qu'elle pensait que je veuille sincèrement le récupérer. Et la cerise sur le gâteau: depuis ce matin ma tête tournait comme une toupie et mon ventre faisait des montagnes russes, à croire que mon corps était devenu une fête foraine.

Bref, après cette journée qui m'avait semblé durer une éternité, je rentrai chez moi. La deuxième paire de chaussures dans l'entrée m'indiquait que ma mère aussi était là. Retenant mon souffle, je cherchai une preuve auditive qu'elle n'était pas réveillée, mais l'exercice devint encore plus compliqué que d'habitude à cause de mon état.

En soupirant et me préparant au pire, j'avançai sans un bruit dans le salon, dans le seul but d'atteindre l'escalier qui était dans la cuisine.

- Violette.

Je me figeai. Visiblement, elle n'était pas endormie. Lentement, je me retournai et fis face au dos du canapé où elle était très probablement assise.

- Viens ici.

Sa voix tremblait, pas de peur, mais parce qu'elle avait entamé son stock personnel dès qu'elle était rentrée. Je pouvais voir les cadavres de bouteilles qui gisaient à ses pieds. Je fis le tour du fauteuil et ne bougeai plus une fois debout à ses côtés. Ne pas rester devant elle, ne pas lever la tête, ne pas lui répondre sauf si elle le demandait, ne pas, ne pas, ne pas...

Je sentis mon mal de tête redoubler tandis qu'une colère sourde m'envahissait.

- Ma mère arrive dans une heure. Range la maison.

- Oui maman.

Son regard noir se tourna vers moi. J'aurais dû paniquer... Qu'est-ce que j'avais fait de mal? Mais au lieu de ça, ma colère augmenta et ma tête me parut exploser.

- Ne me parle pas sur ce ton.

- Et pourquoi pas?

Qu'est-ce qui me prenait? Je le devinai dans les yeux écarquillés de ma mère, c'était moi maintenant qui la fusillait du regard. Mais j'en avais marre. Marre de cette vie pourrie coincée avec elle, marre de son état, marre de celui dans lequel elle me mettait, marre de cette journée, de cette semaine, de cette année et bon sang ce que mon crâne me faisait mal!

- J'en ai marre de tes ordres.

- Parle moi sur un autre ton! Tu m'entends: je ne veux plus jamais t'entendre me répondre! Insolente! Ingrate! Imbécil-

- La ferme! Explosai-je. La! Ferme ! C'est toi que je veux plus entendre!

Si tout s'était passé comme d'habitude, je n'aurais pas crié. Je ne me serais jamais rebellée. Mais rien n'allait comme d'habitude récemment, et surtout rien n'allait comme je le voulais.

Ma mère se leva, au ralenti. Elle s'avança vers moi, et si tout mon esprit semblait vouloir fuir, mon corps ne bougea pas d'un poil. Elle se dressa face à moi, me dépassant d'à peine quelques centimètres.

- Tu es comme ton père.

Ces mots n'auraient pas dû m'atteindre, je les avais entendus mille fois. Mais pour une raison que j'ignorais, cela me vexa. Dans sa bouche, ces mots ressemblaient à la pire des insultes. Et aujourd'hui, ça ne passerait pas.

- Je préfère être comme lui que finir comme toi.

Et alors, elle fit quelque chose qu'elle n'avait jamais fait jusqu'ici: elle me frappa au visage. Une gifle violente qui m'envoya au sol. Mon arcade se cogna sur la table du salon et je pus sentir le sang s'écouler sur ma paupière.

- Va-t-en.

Mon soudain élan de courage et de rage s'évapora, ne me laissant qu'une peur panique et une douleur déchirante.

Mes jambes réagirent en mode automatique, se relevèrent et coururent dans ma chambre. Là, sur mon lit, Sekhmet m'attendait. Elle me fixa entrer en pleurs, sortir ma boîte de premiers secours et soigner comme je le pouvais mon arcade ouverte, sachant qu'il n'y aurait rien à faire pour ma pommette déjà rougie. Les larmes embuaient ma vue. Qu'est-ce qui m'avait pris? Je ne pouvais pas rester. Elle avait dépassé un stade de non retour. Elle m'avait déjà battue, s'était toujours arrangée pour que ça ne soit pas visible, du moins en théorie, mais n'avait jamais touché à mon visage. Si elle abandonnait même de le cacher, alors il fallait que je m'en aille. Où? Mon père. Il fallait que j'aille chez papa.

Ma chatte descendit agilement de ma couette et vint se frotter à mes jambes. Je la pris à bras et enfouit mon visage tuméfié dans ses poils bruns. Si je partais, ce serait avec elle, maman oublierait de la nourrir. Du fond de mon armoire, je sortis un sac de sport dans lequel je mis quelques affaires importantes, comme des vêtements, des photos, des câbles, des croquettes dans une boîte et les quelques malheureux produits de beauté que j'avais ici. Puis je sortis le sac prévu pour transporter Sekhmet et attendis. Je ne savais pas quoi,mais j'attendis.

Puis j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir. Mamie.

C'est vrai que maman avait dit qu'elle devait venir aujourd'hui. C'est elle que j'attendais. Une excuse. Je fis rentrer Sekhmet dans son sac, ceux avec une paroi en plastique et trouée qui faisait ressembler le tout à un casque d'astronaute.

Habituée, elle se coucha presque instantanément dans ses couvertures et s'endormit. Je mis le sac dans mon dos et attrapai mon sac de sport.

J'ouvris la porte et écoutai. Comme d'habitude, mamie envoya ma mère lui chercher une bouteille de cognac pour en mettre quelques gouttes dans son thé. La bouteille se trouvant à la cave, j'avais le champ libre. Je descendis les marches aussi vite et silencieusement que possible, et croisai ma grand-mère dans le salon. Elle me regarda en face et je vis une larme couler quand elle vit et comprit ce qui venait de se passer.

- Alors ça y est, tu t'en vas enfin?

- Oui mamie.

Elle se leva de son fauteuil et s'avança vers moi.

- C'est pour un mieux ma puce. Ma porte te sera toujours ouverte, mais je pense que nous savons toutes les deux où tu dois aller maintenant.

- Chez papa.

- Exactement. Je viendrai te rendre visite de temps en temps et on se verra pour ton anniversaire. D'accord ma chérie?

- Merci mamie .

Je la serrai dans mes bras en laissant mes larmes couler dans son cou. Dans la cave, ma mère avait fini par trouver une bouteille qui n'était pas vide. Elle allait remonter.

- Maintenant file, me dit mamie. Si elle demande où tu es, j'inventerai une excuse.

Je hochai la tête, n'arrivant plus à parler. Je passai la porte et attendis sous la fenêtre. Ma mère revint et ne posa pas de questions à mamie, pensant sûrement que j'étais encore dans ma chambre.

Je courus presque jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche et traversai la ville jusqu'à la maison de mon père. Ce fût Crystal qui m'ouvrit.

- Violette, qu'est-ce que... Oh mon dieu, qu'est-ce qui t'est arrivé?

Elle attrapa mon visage et caressa ma pommette et mon pansement, le regard inquiet. Elle hésita moins d'une seconde, puis me fit entrer.

- Tu peux relâcher ton chat dans la maison, elle ne te quittera pas je pense.

Je hochai la tête et libérai Sekhmet qui vint se frotter à mes chevilles. Des pas résonnèrent dans l'escalier, quelqu'un descendait avec la délicatesse d'un éléphant.

- Maman c'est qui?

Lucas apparut dans mon champ de vision. Dès qu'il m'aperçut, je crus avoir affaire à un petit chien excité, comme d'habitude.

- VIVI!

Il se jeta sur moi, tout content et ne se posant même pas la question de me voir ici, du moins pendant un instant.

- Mais... T'es pas censée être déjà là.... Si?

Je niai de la tête et il finit par remarquer mes blessures.

- Qui... C'est pas grave! T'es là, c'est l'important.

Il me serra un peu plus contre lui et j'accueillis l'étreinte de bon cœur.

- Viens avec moi, ma grande.

Crystal me prit doucement par la main, m'arrachant à mon frère qui se baissa pour jouer avec Sekhmet. Celle-ci ronronna quelques secondes sous ses caresses, puis l'abandonna pour me suivre.

Elle m'emmena dans la salle de bain pour examiner plus en profondeur ma pommette et retira mon pansement pour le remplacer par un autre après avoir là aussi examiné la plaie.

- Heureusement ce n'est rien de bien grave. Tu peux poser ton sac dans ta chambre, prendre une bonne douche et te reposer. Ton père est parti faire les courses, on en parlera tous ensemble quand il sera là, d'accord ma puce?

J'hochai doucement la tête. Elle allait sortir de la pièce mais je la rappelai.

- Crystal?

- Oui?

- Merci.

Elle me sourit tristement et quitta la salle de bain.

Je gagnai ma chambre, déposai mes affaires et installai celles de Sekhmet, qui se lova sur un pouf dans un coin de la pièce. Je pris un pyjama dans mon armoire, me félicitant intérieurement d'avoir ramené peu à peu des vêtements chez mon père.

Une fois ma douche prise, je revins dans ma chambre et m'effondrai sur mon lit.

Mes paupières lourdes et mon esprit fatigué me firent rapidement et lourdement plonger dans les bras de Morphée, me laissant juste le temps de sentir ma chatte se blottir contre moi.

Un rêve? Oui, c'est un rêve. Quel âge j'ai? Un souvenir? Deux personnes me tiennent les mains. Je suis au milieu, protégée, aimée... Maman et papa. Ce sont maman et papa.

Du bruit. Il y a du bruit derrière moi. Je me retourne. Il y a un petit garçon qui est en train de se faire gronder par un homme qui a l'air d'être son père. Il tourne son regard vers moi. Son visage est flou, mais pas ses yeux. Ses yeux sont dorés. D'une jolie couleur or. Il tend le doigt vers moi. Son père le réprimande une fois de plus et il n'a pas l'air d'y faire attention. Maman me tire par la main.

- Allez ma puce, on rentre à la maison!

Elle me sourit chaleureusement.

Je veux leur montrer le petit garçon, mais mes deux petites mains sont bien aux chauds dans les leurs... Alors je me laisse porter vers la maison en riant entre mes deux parents.

----------------------------------------

Helloooo oui je publie tard, mais je viens de rentrer de mon voyage . J'ai passé une semaine géniale perso 😎... Mais j'ai quand même chopé un coup de soleil dans le cou. Nice 👍

Bisous tout le monde et à la semaine prochaine <3

Contents
Contents

Comments(0)

Join the discussion — sign in to leave a comment

Sign In to Comment

No comments yet. Be the first to share your thoughts!