Chapter 6 of 30

5.

La gueule du loup: L'appel De La Lune1,966 words~10 min read

10/10/2022-J-41

- Je veux TOUT savoir.

Voilà donc la réaction de Mia quand elle me vit après un rhume de l'enfer qui l'avait clouée au lit.

Je lui avais plus ou moins teasé ma semaine sans elle et elle était bien évidemment au courant que je m'étais évanouie à mon travail, mais je ne lui avais parlé ni de l'inconnu, identifié désormais, ni de l'affrontement... Du moins pas en détail. Et maintenant elle m'en réclamait. Crystal aussi m'en avait réclamé ce week-end, que j'avais passé chez mon père, mais j'avais résisté et était restée assez vague sur mes explications au grand damn de ma belle-mère.

- Tu veux pas attendre la fin de la journée, tentai-je de négocier, même si je savais que c'était peine perdue.

-NON.

Bizarre, je m'y attendais pas du tout...

- Tu te souviens du mercredi où j'ai été malade?

- Oui très bien. Arthur avait l'air paniqué au téléphone. Et tu n'allais pas mieux en revenant de convalescence.

Apparemment il l'avait appelée aussi ce jour-là. Ça ne m'étonnait pas plus que ça, car ils s'étaient rencontrés plusieurs fois lorsqu'elle était venue au café et depuis ils s'étaient déclarés mes protecteurs.

- Et bien ce jour-là... Disons que quelqu'un a pris soin de moi.

- Développe.

- Il m'a porté en haut, dans le studio d'Arthur, il m'a fait prendre un médoc et tout ça quoi...

- Et c'était qui?

- Aucune idée. J'étais tellement mal que je ne l'ai pas reconnu en fait... Jusqu'à jeudi dernier.

- C'était Mickaël ?

- Non justement, c'était Amarok. Et je l'ai compris en l'entendant se disputer avec Mickaël dans le couloir justement.

- Se disputer? À propos de quoi? Ils sont meilleurs potes à la base...

- Oui, mais ils avaient l'air de se disputer pour une fille.

- Une fille? Qui? Toi?

- Non! Pourquoi ils se disputeraient pour moi? Ça me semble plus logique qu'ils se battent pour Samantha, non?

- Mickaël et Samantha ont rompu.

- Quoi?

La nouvelle me fit un peu l'effet d'un coup de poing, je dois l'avouer. Donc Mickaël était sérieux...

- Peut-être que justement, Amarok la défendait?

- Mouais, acquiesça la brune, peu convaincue. Ça reste bizarre pour moi. Je suis à 90% sûre qu'ils parlaient de toi.

- Le 10% restant c'est ton bon sens?

- Non, c'est le sentiment que j'ai et qui m'affirme que tu ne me dis pas tout.

Je n'ajoutai rien et me dirigeai vers mes cours. Après tout, elle avait raison sur un point: je ne lui disais pas tout. Pourquoi Mickaël avait appelé Amarok "toutou"? Même en imaginant que ce soit une insulte, de 1 c'était très bizarre comme insulte et de 2, le toutou de qui? Parce que ça voulait dire qu'il obéissait à quelqu'un, non? Samantha peut-être? Mais le seul point commun que je leur connaissais était Mickaël et ils ne restaient pas vraiment entre eux le reste du temps... Même s'il était vrai que récemment ils avaient l'air de s'être rapprochés. Est-ce que c'était dû à la rupture des deux blonds? Est-ce qu'ils s'étaient mis ensemble? Et puis la réaction d'Amarok aussi était bizarre. Et celle de Mickaël encore plus. Il ne savait vraiment pas pourquoi j'avais remercié Amarok? Il ne l'avait pas vu me porter à l'étage? Il n'avait pas aidé à nettoyer après que je me sois endormie ? Ou alors là encore, était-ce le brun qui avait tout arrangé... Mais alors où était passé Mickaël pendant ce temps là? C'était forcément lui avec Amarok ce jour-là...

Non, vraiment, il y avait plein de trucs qui m'échappaient et que je ne voulais pas partager avec Mia, pour une raison qui m'échappait tout autant...

Et en plus, le malaise qui m'avait fait m'évanouir revenait parfois, moins fort heureusement, par à-coups soudain et vifs.

Ce fût donc dans le flou que je rejoignis ma classe... Et que je me pris dans quelqu'un au détour d'un couloir.

- Hé Vio.

Jonah. Je tentai de reculer, mais un autre de ses amis me bloqua. J'avais commis une erreur: ni Mia, ni Mickaël ne m'accompagnaient, j'étais seule et vulnérable.

Un des types m'attrapa les cheveux et les tira en arrière, m'obligeant à regarder le grand brun dans les yeux.

- Ça fait un moment qu'on s'est pas vu tous les deux. Tu t'es fait un nouveau pote?

- Laissez-moi...

Je sentis les larmes me monter aux yeux. Jonah tapa le poing contre le casier juste à côté de ma tête. Le bruit me fit sursauter et un mal de tête me prit soudainement.

- T'es vraiment qu'une salope à aller piquer les mecs des autres juste pour ton confort... Peut-être qu'en t'abîmant un peu la face il comprendra son erreur.

Donc c'était Samantha qui les envoyait?

Alors qu'il s'apprêtait à me frapper, je vis un poing voler dans la tête de Jonah et l'encastrer ou presque dans les casiers.

Le pote de Jonah me lâcha vivement lorsque les deux puits noirs se mirent à le fixer. Je tombai en avant, en plein sur le torse de mon sauveur, Amarok.

Alors que j'allais m'écarter, un bras puissant passa autour de ma taille, me coinçant contre lui et m'empêchant de voir quoi que ce soit.

- Essaie encore une fois de la toucher, l'entendis-je grogner, d'une voix presque animale, et je te jure que je te bute.

Je ne perçus pas la réponse de Jonah, probablement parce qu'il n'y en eut pas, puis Amarok m'entraîna avec lui vers je ne sais où.

- Euh ... Les ... Les cours-

- Les profs comprendront.

Quand il s'arrêta enfin, je pus voir la pancarte de l'infirmerie.

- Tu... Tu peux me ... Lâcher ?

- Non.

Et il me fit entrer dans l'infirmerie.

Il me lâcha enfin pour m'asseoir doucement, mais fermement, à croire que j'étais en porcelaine et pas en chair et en os, sur un des lits de l'infirmerie, vide.

- L'infirmière est en pause, m'informa-t-il. Montre moi ta nuque.

N'osant pas trop bouger et ma proximité avec lui me coupant presque le souffle, mes mouvements furent lents, comme face à une panthère. Je retirai mes cheveux de ma nuque et les fit passer par-dessus mon épaule. Il attrapa mon bras pour me faire me pencher en avant et je ne pus retenir une grimace de douleur. Il me regarda, suspicieux.

- Enlève ton pull.

-Qu-quoi?

- J'ai dit, enlève ton pull.

Hésitante, je finis par m'exécuter, me rassurant en me rappelant que j'avais un t-shirt en dessous du pull. Il observa les bleus qui s'étendaient sur mes bras. Ceux-là ne dataient pas de mon arrêt maladie malheureusement.

- Ce sont eux qui t'ont fait ça?

Gênée, honteuse, je détournai le regard.

- Réponds moi Violette.

Je sursautai presque en l'entendant dire mon prénom. C'était la première fois que je l'entendais dans sa bouche, mais quelque part ça façon de le dire... Je n'avais plus peur. Je ne saurais dire pourquoi. Et pour une raison tout autant obscure, mes joues me parurent plus chaudes.

- Non.

Il soupira et s'éloigna. Quand il revint, je le vis dévisser un tube de crème, qu'il appliqua délicatement sur mon bras avant de l'enrouler dans un bandage pour que ça pénètre bien. Je ne pus retenir un petit gémissement de douleur.

- Ça va passer, me rassura-t-il. C'est pour que ça guérisse plus vite. Tu en as d'autres?

Je hochai la tête en le regardant. Lui avait les yeux baissés vers le sol, s'essuyant les mains avec des lingettes.

- Où?

Je ne savais pas comment il avait fait pour comprendre que j'avais acquiescé. Je décidai de ne pas lui répondre temps qu'il ne me regarderait pas. Agacé, il commença à me tâter le ventre et les jambes. Je ne pus m'empêcher de me crisper, mais je ne réagissais pas autrement. La colère et le sentiment d'être ignorée alors même qu'il me touchait me firent bouillir.

-Regarde moi.

Il s'obstina à fixer mes bras, cherchant encore les autres endroits blessés du bout des doigts. Je ne reconnaissais plus ma voix, qui était trop grave par rapport à d'habitude.

- J'ai dit, regarde moi.

Il leva finalement les yeux pour les planter dans les miens. C'est alors que je compris. Ses yeux n'étaient pas des puits, mais des constellations. Je ne savais pas comment, ni pourquoi, mais j'arrivais à distinguer chaque petite touche de couleur verte qui s'était perdue dans l'immensité noire, la pupille au milieu de cet univers minuscule comme un trou noir. Je me perdis dans cette contemplation, tandis qu'un rictus prenait place sur ses lèvres.

- Quelque chose à ajouter, mademoiselle?

Je balbutiai un peu, toute ma belle assurance envolée d'un coup, puis réussis, le ciel sait comment, à me reprendre.

- Ne... J'en ai un autre sur le ventre. Mais je préfèrerais que tu n'y touches-

Alors que j'allais opposer mon désaccord, je sentis sa main assûrément glacée passer sous mon t-shirt et caresser ma peau blessée. Je retins de justesse un cri. Glacée? Non, c'était moi qui était gelée par rapport à lui: ses mains étaient chaudes. Il tâtonna le bleu, sûrement pour évaluer sa taille, me laissant gémir pitoyablement.

- A-arrête...

- Mais ça te fait mal, non?

-O-oui mais... Tu...Tu es un garçon et ça me gêne, finis-je par lâcher d'un coup, me libérant de ce qui me mettait mal à l'aise lorsqu'il me touchait.

- C'est juste pour ça? ricana-t-il. Et ça te gênerait moins si c'était Mickaël ?

- Je ne l'aurais pas laissé entrer dans l'infirmerie, avouai-je à voix basse, m'avouant par la même occasion ce que je savais: ce qui me dérangeait chez Mickaël ne semblait pas me préoccuper avec Amarok.

Un rictus prit place sur ses lèvres et il détourna le regard, comme s'il ne voulait pas que je le voie.

- Bien, finit-il par dire, tu vas me les montrer ces bleus?

En rougissant, je soulevai mon t-shirt pour dévoiler mon ventre, juste à la limite de ma poitrine. Il appliqua le même processus qu'avec mon bras, puis vérifia que mon cou n'avait rien avant de m'appliquer la même crème et de me mettre un pansement par-dessus.

-Qu'est-ce que c'est au fait?

- Un anti-inflammatoire. C'est à base de plantes et ça t'aidera. D'ici un jour ou deux ce sera parti.

- Un jour ou deux?Tu es sûr?

- Parfaitement.

J'étais un peu sceptique, car je mettais en général dans les environs d'une semaine pour me débarrasser de mes hématomes, mais il semblait sûr de lui, alors je ne lui dis rien. Je me contentai de l'observer ranger les produits qu'il avait utilisé, puis il se tourna vers moi.

Il eut un temps d'arrêt, moi aussi. Je crus que je n'arriverais jamais à respirer à nouveau, préférant suspendre ce moment à jamais. Au lieu de ça, il se détourna au bout d'une dizaine de secondes et quitta précipitamment l'infirmerie.

Perturbée,je me levai et pris mes affaires sans même y penser, perdue dans l'immensité de nouvelles questions qui apparaissaient dans ma tête. J'étais tellement distraite que ce ne fût qu'après deux heures de cours supplémentaires, toutes sans Amarok ou Mickaël, mais pleine d'intervention de Mia qui tentait de me faire réagir par tous les moyens que je remarquai un bout de papier, avec un numéro dessus et un petit mot:

"Si jamais tu as besoin d'aide, Amarok"

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Alors avis? Team Amarok ou Mikaël ? Et surtout... Les gars je suis trop excitée je pars en voyage ce soir avec l'école ça va être trop bien !!! Bon j'ai quand même eu ma matinée de cours mais voilà. C'est pour ça que je poste plus tôt que d'habitude, sinon je suis capable d'oublier plus tard.

Bref! Bonne vacances à ceux/celles qui en ont et bisous tout le monde<3

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