Chapter 4 of 30

3.

La gueule du loup: L'appel De La Lune1,454 words~8 min read

21/09/2022-J-60

Mercredi.

Je dois avouer que cette journée était un peu en demi-teinte pour moi, surtout depuis la rentrée.

Mickaël était toujours avec moi et je pouvais parfois voir Samantha et Amarok nous regarder de loin. Si la première me prenait limite de haut pour une raison qui m'échappait, le deuxième se contentait d'envoyer des regards mécontents vers nous et de disparaître encore plus souvent qu'à l'accoutumée, séchant des journées entières de cours et laissant son fanclub en rade à toutes les pauses. C'était d'ailleurs assez drôle, jusqu'à ce qu'elles se rabattent sur Mickaël, principalement pour l'abreuver de questions sur son meilleur ami déserteur.

En parlant de Mickaël, j'avais passé la semaine à mettre des barrières, à lui faire comprendre que notre amitié -je pense qu'à ce point je pouvais qualifier notre relation ainsi- n'irait jamais plus loin. Et lorsqu'il semblait avoir du mal à comprendre, ou qu'une allusion déplacée lui échappait, c'était Mia qui s'occupait de le remettre à sa place, par une blague ou en lui faisant remarquer directement qu'il était gênant.

J'ai donc fuis la fin de ma journée de cours pour me précipiter à mon travail, abandonnant la brune avec la pipelette, parce qu'en plus, ce mec ne savait visiblement pas s'arrêter de parler.

- Bonjour Violette! me salua Arthur, mon patron et collègue de travail.

- Salut Arthur, le saluai-je en retour avant de me diriger vers les vestiaires pour me changer et enfiler ma tenue de travail.

Arthur avait lancé le "Café des Plaisirs" il y avait 2 ans maintenant et je l'aidais depuis un an. Enfin je l'aidais... J'étais payée quand même. Bien qu'il n'ait que 26 ans, je le trouvais extrêmement à l'aise dans son rôle de gérant de café. Nous avions aussi des pâtisseries, mais je n'aimais pas m'en occuper parce que j'étais incapable d'attraper les pièces correctement. Je restais donc cantonnée aux boissons.

-Tu ne mets pas ton pull? m'interrogea-t-il en me voyant revenir.

- Non, j'ai chaud. Probablement parce que j'ai couru jusqu'ici.

- Tu as couru?

- Le professeur nous a gardé un peu plus longtemps aujourd'hui.

- D'accord. Dis-le moi quand c'est comme ça, je peux retarder ton service d'une dizaine de minutes s'il le faut, me dit-il en souriant.

- Merci!

Je pris place à côté de lui et nous discutâmes calmement le temps que les clients arrivent. Ceux-ci commencèrent à entrer au compte goutte, la salle se remplissant petit à petit. Vers 14h, la tête me tournait un peu, mais je n'y fis pas attention, convaincue que c'était dû à un manque de sommeil, ou quelque chose dans le genre.

Cependant, au fil de l'après-midi, la douleur augmenta, à un point ou je me demandai si c'était vraiment normal. Ce fût le moment que deux garçons, un blond et un noir de cheveux que je reconnaissais plus ou moins derrière un brouillard de confusion choisirent pour entrer dans le café. Arthur les accueillit chaleureusement, mais je ne pus qu'éructer un "bienvenue". Inquiet, Arthur me regarda du coin de l'œil pendant qu'il prenait les commandes des deux garçons.

Je pris le plateau qui était déjà prêt pour l'apporter en table 3, mais alors que j'avançais, ma vue se brouilla et ma tête me parut être sur le point d'exploser. Comme au ralenti, je vis le plateau me glisser des mains et tomber vers l'avant, mon corps entier suivant cette direction.

Alors que j'allais toucher le sol, un bras ferme vint enserrer ma taille. Tout me paraissait flou maintenant, les sons, les bruits, les odeurs... Et bon sang, ce que j'avais chaud! Je compris confusément qu'on me portait maintenant et que celui qui me portait avançait. Je sombrais par à-coups, tombant sur une vue différente chaque fois que je fermais les yeux. Quand je repris plus ou moins conscience, nous étions dans un salon. Et j'étais sur un canapé. On m'avait enlevé mon tablier et ma casquette, mais j'avais toujours aussi chaud. Remarque, avec ou sans, ça ne faisait pas une grande différence.

- Ça y est ? Tu reviens?

Je connaissais cette voix, tout comme je connaissais cette personne, mais là je ne savais pas si j'aurais été capable de donner mon propre nom.

- Ch-Chaud.

Je ne parlais pas, je gémissais.

- Je sais, me répondit l'inconnu.

Je sentis quelque chose de mouillé se poser sur mon front, sûrement un linge.

- Tu m'entends bien?

- Qui... Qui es...

- On verra ça plus tard, me répondit-il, presque agacé. Apparemment tu m'entends. Tu me vois ?

- Flou...

-D'accord.

J'essayai de parler, mais il me dit de me taire. J'essayai de m'asseoir, du coup il m'interdit de bouger. Alors, c'était bien gentil de m'aider,mais si c'était pour me traiter comme ça...

- Arrête de me dire quoi faire.

Je perçus son corps se crisper, stopper tout mouvement et finalement se tourner lentement vers moi, comme ahuris.Contrairement à tout à l'heure, j'avais parlé clairement. Et pour lui donner un ordre.

- Je te demande pardon ?

Je n'avais plus la force de parler, de toute façon ça n'aurait pas servi à grand chose, alors je grognai et me tournai vers le dossier du divan pour ne plus le voir. Je l'entendis se lever et quitter la pièce.

Je crus bien qu'il allait me laisser là, mais il revint quelques minutes plus tard. Il posa quelque chose à terre, puis me secoua doucement l'épaule. Je grognai une fois de plus pour lui exprimer mon mécontentement et refusai de me tourner face à lui.

- Arrête de bouder, j'ai un médicament pour toi.

Je résistai à l'envie de me retourner, mais ma tête, dans laquelle était entré un marteau-piqueur apparemment, et mon corps aussi chaud qu'un four protestèrent contre ma protestation. Bref, je me tournai vers lui en gémissant.

- Ah bah tu vois quand tu veux.

- Va te faire...

Je venais de m'étonner moi-même: je ne jurais jamais... D'habitude. À croire que la fièvre me rendait dingue en plus du reste. Il ricana et me releva délicatement la tête pour faire couler de l'eau entre mes lèvres. Je devinai que le médicament était dilué dedans car l'eau avait un goût horrible. J'avais l'impression d'avaler du goudron. D'ailleurs, dès que j'eus fini tout le verre, je n'eus que le temps de me tourner sur le côté pour ne pas me vomir dessus. Il avait prévu le coup, puisqu'il avança une bassine juste en dessous de mon visage.

- Ça va aller, ça va aller.

Voilà qu'il se mettait à me rassurer maintenant... Quel bipolaire.

- Je ne suis pas si méchant que ça.

Tiens, j'étais sûre d'avoir dit ça dans ma tête... J'avais parlé à voix haute?

- Je dirais que oui.

Génial, maintenant je ne savais même plus faire la différence entre mental et réel.

Il ricana et m'essuya le menton et la bouche, comme à une enfant.

Il me donna un dernier ordre avant de me laisser, celui de me reposer dans le canapé. Il n'avait pas besoin de me le dire cependant, mes yeux se fermant d'eux-mêmes.

21/09/2022-J+2

- Donc ce n'est pas toi.

-Non.

Le père lança un regard triste sur sa fille. Celle-ci regardait au loin, presque vexée de ne pas avoir été choisie. L'homme se tourna alors vers son fils.

- Es-tu sûr de toi quand tu dis savoir de qui il s'agit?

- Parfaitement sûr, lui assura le garçon.

-Très bien... Tu sais ce qu'il te reste à faire alors.

Le garçon hocha la tête et le père sortit en soupirant, le poids des années s'appuyant lourdement sur ses épaules. Le frère et la sœur restèrent seuls dans la pièce.

- Alors c'est elle, tu en es sûr?

-Oui. Ça à déjà commencé. D'ailleurs, si tu pouvais éloigner ton chien d'elle, ça faciliterait la tâche à tout le monde.

- Le problème, c'est que je pense qu'il a comprit aussi. Il a rompu avec moi.

- Sérieux?

- Tu croyais vraiment qu'on serait les seuls intéressés?

- Non, bien sûr que non...

- Alors bouge toi les puces, sinon elle pourrait te filer entre les doigts.

Perdu dans ses pensées, il ne répondit pas tout de suite, son regard tourné vers l'extérieur. Il finit par se tourner vers sa sœur, le regard dur.

- Je sais.

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Hello ! Comment allez-vous chers lecteurs ? (Même si vous êtes pas beaucoup pour l'instant,ça va venir.)

Avis sur ce troisième chapitre? Sur toutes ces personnes non nommées? (Que cette amie qui a déjà tout lu ne spoile personne,elle saura que je parle d'elle :) )

Bref,bisous bande de chameau manchot <3

ps: corrigé (je crois que je vais arrêter de le préciser, vraiment j'oublie c'est dingue... Tous les autres le sont aussi du coup)

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