Chapter 22 of 30

21.

La gueule du loup: L'appel De La Lune2,134 words~11 min read

J'avais passé une des meilleures nuits de toute ma vie.

Je passai le reste de ma journée à aider aux tâches du village en discutant avec Sam et en rougissant à chaque fois que j'entendais le nom d'Amarok, ou bien que je croisais son regard.

Au milieu de l'après-midi, Samantha finit par remarquer nos regards en coin.

- Bon! Tu m'expliques? me demanda-t-elle avec malice.

- Je... c'est rien, vraiment rien...

J'observai autour de nous, mais tout le monde semblait occupé par autre chose. J'essayai de scruter leur pensée, mais aucune ne se tournait vers nous.

- Je... On... On s'est embrassés hier soir, finis-je par lui murmurer à l'oreille.

- PARDON?

- Chuuuuut!

Embarrassée, je cachai mon visage rouge dans mes mains alors que Sam m'envoyait des questions mentales par milliers, sachant que je ne pourrais y échapper.

- Comment c'était ? dit-elle à voix haute.

- C'était... Vraiment bien, dis-je timidement.

Elle émit une série de cris aigus, qui étaient soit une célébration, soit une invitation à abréger ses tortures, toujours est-il que ça me vrilla les oreilles.

- Aï-euh.

- Rooooh ça va !

Nous nous mettâmes à rire toutes les deux. Une fois calmées, elle reprit, les larmes aux yeux.

- En tout cas ça fait plaisir de voir qu'il est redevenu lui-même.

- Qu'est-ce que tu veux dire?

Elle eut un moment de pause. Sam hésita un instant, tortura sa lèvre, puis souffla et continua sans me regarder dans les yeux.

- Pendant que tu... "Dormais", il... Il a pété un câble.

- Tu peux être un peu plus précise s'il te plait ?

- Il... S'est beaucoup inquiété et il... A perdu le contrôle de son loup.

Sa voix s'était cassée sur la fin de sa phrase. J'avais un horrible pressentiment. Ça voulait dire quoi ça encore?

- Qu'est-ce qu'il a fait?

Ma voix était dure et âpre. Je ne parlais plus seule, ma louve m'avait rejointe. Nous étions toutes les deux inquiètes.

- Je... Je crois que ça sera plus simple si je te montre, soupira-t-elle.

Elle m'emmena à l'opposé du village, vers une bâtisse que je n'avais pas encore vue et je doutais fortement qu'il s'agisse d'une habitation.

C'était un petit bâtiment en béton, gris et bas.

Deux loups montaient la garde devant l'entrée et quand ils virent Sam, ils acceptèrent de nous laisser passer, non sans me lancer un regard gêné.

L'odeur était infâme. Une odeur de sueur, de sang et de larmes me prit à la gorge dès que j'eus passé l'entrée et je compris pourquoi les gardes avaient tressailli en me voyant: dans la seule vitre, je pouvais voir mes yeux vert se teinter de violet par tâches, comme de la rouille.

Il n'y avait qu'un couloir et au bout, un escalier qui descendait.

Je sentais la gêne et l'hésitation de Samantha aussi clairement que si je l'entendais pulser dans mes veines.

Il se passa encore cinq longues minutes avant que nous arrivions en bas de l'escalier.

L'odeur était encore plus forte et plus insoutenable. J'entendais des râles de douleur à travers des portes en métal disposées comme des cellules ... D'ailleurs s'en étaient probablement.

- Qui?

- Ce... Ce sont les loups de la meute qui t'a enlevée. Nous les avons enfermés ici.

Je fronçai les sourcils. Il y avait une autre odeur, plus faible que celle du sang, qui me sembla familière.

Sam me conduisit jusqu'à la dernière porte. Avec une énorme appréhension, j'ouvris la porte avec la clé que la blonde me tendit.

De l'autre côté de la porte, la scène me donna envie de vomir.

Mickaël était là, littéralement cloué à un chaise, sa tête ensanglantée pendante sur son torse et deux pieux en argent enfoncés dans ses cuisses.

La rage m'envahit alors que ce spectacle dégoûtant se gravait dans mon esprit.

- C'est... Amarok qui a fait ça?

Elle ne répondit pas. Elle n'avait pas besoin de répondre. Nous le savions toutes les deux. Mickaël geignit au moment où il entendit ma voix.

Précipitamment, je refermai la porte à clé derrière moi, fonçai en dehors du bâtiment et passai devant les deux gardes qui semblaient plus que jamais décidés à rester collés à leur poste.

Ma rage n'était dirigée que vers une seule personne et tous ceux qui me croisaient s'écartaient de mon chemin en voyant d'où je venais et où j'allais.

Je finis par le trouver du côté des tentes. Je l'attrapai par le bras pour le tirer dans un endroit plus "intime" qu'en plein milieu de plusieurs meutes réunies et nous enfonça donc loin dans les bois, jusqu'au ruisseau en fait, où je savais que nous étions hors écoute.

- Violette qu'est-ce qui se pass-

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que je le giflai.

L'écho de la claque résonna entre nous pendant quelques secondes avant qu'il ne se tourne lentement vers moi, froid.

- Et je peux savoir ce qui me vaut cette main dans la face?

- J'ai vu Mickaël.

Il se figea, son regard se mit à me fuir et je lus en lui qu'il paniquait totalement. Quoi? Il pensait que je ne m'en rendrai jamais compte?

- Je... C'est pas ce que tu crois.

- Oh tu as raison, j'ai dû tout imaginer. Du bunker qui vous sert de prison aux deux piques d'argents plantées dans ses cuisses.

- Écoute je... Je sais que tu es en colère mais-

- En colère?! Je pensais que tu valais mieux que lui! Je me suis faite avoir par ... Par tout! Vous êtes pareils tous les deux!

Je pus voir la peine traverser ses yeux alors que je lui criais dessus, mais je m'en fichais. Il nous avait trahies, ma louve et moi. Nous lui faisions toutes les deux confiance et il s'était avéré être une brute comme les autres.

- Violette ... Comment peux-tu seulement penser que je suis comme lui? commença-t-il à s'énerver lui aussi.

- J'en ai eu la preuve sous les yeux il n'y a pas 10 minutes. Je sais ce que ça fait que de se faire transpercer par de l'argent et je n'étais même pas complètement louve. Personne ne mérite ça!

- C'était de sa faute, d'accord? C'était de sa faute si tu ne te réveillais pas. À cause de lui, tu es restée quatre jours sans bouger, je ne savais même pas si tu allais te réveiller!

Le ton montait et je sentis les larmes venir de mon côté, mais refusai de les laisser couler.

- C'était la bénédiction, Amarok, pas lui!

- Ton corps était affaibli parce qu'il t'avait enlevée! Ouvre les yeux s'il te plaît, il mérite de crever comme le chien qu'il est, rien que pour avoir osé poser ses yeux sur toi!

- Je ne t'ai jamais demandé de me venger! Je ne t'ai jamais rien demandé d'ailleurs, j'allais très bien avant que tout votre... Bazar ne rentre dans ma vie.

- Je devais lui faire payer Violette, il a touché ce qui est mien et je l'avais mis en garde!

- Ce qui est tien? je ris nerveusement, en ayant de plus en plus de mal à empêcher ma voix de se casser. Tu t'entends quand tu parles? Je ne suis pas un putain de trophée ou une poupée !

- Je-

- Tu la fermes!

- Et pour hier?!

Je me refroidis instantanément. Non... Il n'allait pas utiliser ça comme excuse quand même ?

- Quoi hier?

- Tu... Nous... Tu veux tout arrêter là? Comme ça? Comme si ça ne concernait que toi?

- Il n'y a rien à arrêter puisque, la déesse soit louée, on a rien commencé, lui répondis-je froidement.

Je le plantai là, ne vérifiant pas s'il me suivait. Je savais qu'il était trop choqué pour le faire. Et moi j'étais trop en rage pour m'en soucier.

Au soir, je retournai dans la grande maison, mais j'ignorai Amarok lorsqu'il me demanda de monter avec lui.

- Sam? Demandai-je à la blonde, qui était mal à l'aise.

- Oui Vio?

- Je peux dormir avec toi s'il te plaît?

- Euh... Oui bien sûr

- Merci.

Ce qui aurait pu être une soirée pyjama sympa ne fût qu'une heure passée dans un silence lourd.

Je n'avais même pas pris la peine de monter, empruntant un pyjama à Sam. De toute façon je m'habillais déjà avec ses affaires...

Épuisée émotionnellement et physiquement, je m'allongeai d'un côté de son immense lit.

- Tu... Tu veux en parler?

Je fis non de la tête.

- Tu veux rester seule?

Même réponse.

Elle s'allongea à mes côtés et m'enserra la taille. Mes larmes se mirent à couler silencieusement alors que toute la pression de la journée retombait.

Et c'est dans les bras de mon amie que je m'endormis.

Il devait être 2 h du matin. Je m'étais réveillée et impossible de me rendormir. J'écartai doucement les bras de Sam, qui protesta à peine et continua à dormir, puis descendis à la cave après avoir enfilé un gros pull. En fait, je savais que j'allais y trouver la seule personne non louve encore debout à cette heure: Chris.

La cave était aménagée en un mini laboratoire, des herbes pendant du plafond ou patientant dans des bocaux entre des yeux de poissons chat et des langues de vipères. Il y avait aussi d'énormes livres avec des symboles bizarres dont je préférais ne pas m'approcher.

Comme je l'avais deviné, Chris était devant sa table de travail, lunettes sur le nez et concentré sur une formule. Je n'avais jamais bien compris le truc des lunettes car ses gênes de vampires auraient dû lui épargner tout problème visuel, mais d'après lui il s'agissait d'une vieille habitude du temps où il était humain.

- Bonsoir Chris, dis-je en bâillant.

Il sursauta un peu avant de se reprendre.

- Bonsoir. Ta capacité à te déplacer sans faire de bruit s'est améliorée très chère.

- Tant mieux j'imagine, dis-je en soupirant.

Je n'avais aucune idée de ce que j'étais capable de faire et c'était un peu le cadet de mes soucis actuellement.

- Et que me vaut l'honneur de cette visite nocturne? se moqua-t-il gentiment.

- Je ... Je n'arrive pas à dormir.

- À cause d'Amarok?

- Tu es au courant de ce qu'il a fait, non? J'ai l'impression d'être la seule à être restée de côté.

- Forcément, tu dormais, gloussa-t-il. Viens t'asseoir, dit-il en désignant une chaise entre deux énormes pots de plantes.

Je soupirai et m'exécutai.

Je restai là à le regarder, l'observer peser un à un ses ingrédients, me laissant bouder dans mon coin.

- Tu vas rester fâchée contre lui encore longtemps ?

- J'en sais rien... Pour l'instant il est impossible que je lui pardonne, je suis en rage. Mais plus tard... Je n'en sais rien.

- Je vois. Tout un programme donc.

Nous restâmes encore quelques minutes dans le silence, puis Chris se mit à compter à voix basse... Ou plutôt à décompter.

- 3, 2, 1...

La porte du laboratoire s'ouvrit violemment sur une Sam à moitié paniquée. Lorsqu'elle me vit, elle eut un soupir de soulagement et s'assit sur la dernière marche de l'escalier derrière elle.

- Me refais plus jamais ça.

- Désolée.

J'étais tellement fatiguée et perdue dans mes pensées que je ne l'avais pas entendue arriver.

- Tu réfléchis encore à ce qui s'est passé tout à l'heure, pas vrai?

Je hochai la tête et l'appuyai sur le mur derrière moi.

La plante à ma droite se mit à s'enrouler autour de mon poignet, ce qui aurait pu me faire paniquer si je n'avais pas été autant dans le gaz.

Sam par contre, paniqua complètement.

- Oh ma déesse! Violette, réagit!

Je soupirai et caressai la feuille de la plante qui cherchait juste à me réconforter. Bon, à ajouter à la liste des choses que je savais faire: lire les émotions des plantes. À voir si ce serait utile un jour.

Les deux autres personnes dans la pièce me fixaient.

- Quoi encore?

- Tu... Es consciente qu'une plante n'est pas censée faire ça, non?

-Ce doit être une des plantes modifiées de Chris, soupirai-je.

Je compris que quelque chose n'allait pas quand celui-ci me fit lentement non de la tête.

- Il faut qu'on aille voir la prêtresse, décida Sam. Maintenant.

Chris acquiesça.

3h du matin, la matinée s'annonçait longue et mon sommeil très court.

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On les aime nos disputes on les aime! Bah oui, ça allait bien pendant un chapitre, il fallait vous en douter... Bref, avis?(veuillez ne pas utiliser de menace de mort dans les com merci) .

Je poste super tôt aujourd'hui... Parce que j'ai absolument rien à faire 👌. Un update très intéressant de ma vie encore une fois.

À la semaine prochaine, bisous <3

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